Bölöni : « À 16 ans, Cristiano jouait avant-centre… »

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PHOTO DIRK WAEM / AFP

Dans une interview accordée au site de la FIFA, Laszlo Bölöni dévoile comment il a lancé la carrière de Cristiano Ronaldo au Sporting Lisbonne. Extraits.

Premier contact avec Cristiano : « Je l’ai vu une seule fois, lors d’un match amical entre les U16 et les U18 du club, et j’ai tout de suite décidé que je le prendrais près de moi. Le moment est arrivé lorsque que le Portugal jouait deux matchs, et j’ai dû compléter mon effectif avec des jeunes pour compenser le départ des internationaux. J’ai convoqué ce jeune garçon, mais je n’imaginais pas le garder définitivement. Mais quand j’ai vu le premier entraînement, j’ai tout de suite décidé de ne plus le lâcher. »

Ses débuts professionnels : « Je commençais un peu à parler portugais et je ne me souviens plus si j’avais eu besoin d’un traducteur. Mais ce n’était pas trop difficile de parler avec lui. Je n’avais pas besoin de lui dire beaucoup de choses : il était tellement souriant et tellement fier de s’entraîner avec les professionnels ! J’ai dit au directeur technique, Carlos Freitas, que je le gardais. Il m’a regardé et m’a demandé : ‘Définitivement ? Tu sais qu’il ne peut pas jouer en championnat ?’ Je ne le savais pas mais j’ai dit oui, pour qu’il s’entraîne et joue les matches amicaux avec nous. »

Son apport dans la réussite de CR7 : « J’étais assez sévère, et c’est comme ça que, le premier message qu’il a commencé à comprendre, c’est de ne pas exagérer, et de ne pas juste faire le spectacle. L’efficacité doit passer avant, malgré toutes ses qualités. Parfois, une simple accélération suffit, et il ne faut pas faire cinq, six, ou sept passements de jambes.  Je l’ai responsabilisé et je lui ai appris un jeu beaucoup plus efficace que le dribble. »

Le profil du joueur : « Il jouait alors avant-centre mais je l’ai poussé sur le côté, parce que jouer entre deux stoppeurs de 90 kilos pour un enfant de 16 ou 17 ans, c’était un peu trop dur. Et il pouvait mieux exprimer ses qualités sur le côté, sans perdre de son efficacité. A ma grande satisfaction, quand il est arrivé à Manchester United, Ferguson a fait la même chose. Aujourd’hui, il va où il veut, mais à l’époque, je crois que changer sa position était la bonne chose à faire. Comme il était trop jeune et que le règlement lui interdisait de joueur avec l’équipe professionnelle, on lui a préparé un programme spécial de musculation et d’explosivité pour résister aux contacts. »

Le débat Messi-Ronaldo : « Je ne peux pas être 100% objectif. Mais ce sont deux joueurs d’un niveau phénoménal, comme la Terre en a très peu connus. Peut-être Maradona, Pelé, Cruyff, Puskas, Di Stéfano… Mais pas beaucoup, dix tout au plus. Messi est unique dans son style, et Ronaldo unique dans le sien. Mon cœur me pousse naturellement vers Ronaldo, mais j’ai le plus grand respect pour Messi. »

Terminer sa carrière au Real Madrid : « J’espère que Ronaldo ne va pas prendre la décision vers la fin de son activité de revenir à un niveau qui n’est plus le sien depuis très longtemps. Et un niveau – sans manquer de respect à aucune équipe – qui ne pourrait lui apporter que des préjudices. Je crois qu’il doit et qu’il va finir sa carrière au Real Madrid. »

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