La clause de la peur

Depuis 2002 et le cas Munitis, le Real est le roi de la «clause de la peur». Cette dernière qui empêche un joueur prêté de jouer face au club auquel il appartient devient un désir de cassure par l’UEFA. Retour sur les cas les plus sensibles de l’histoire du Real qui ont obligé le club à développer ce système.

canteranos_cedidos_rm_getty140115Si aujourd’hui la mode est aux prêts avec option de rachat, surtout côté madrilène, la tendance de la clause de la peur ne semble pas être du goût de tout le monde. Et si le Real l’a de nouveau inclut dans les contrats de ses derniers protégés partis sous forme de prêt (Cf Asensio et Burgui à l’Espanyol), elle pourrait venir à disparaître dans les années voire les mois à venir.

L’UEFA CONTRE, la Premier League POUR 

La plus grande instance du football européen se veut contre ce principe et milite pour la disparition et l’interdiction de ce genre d’arrangements. Il y a deux ans, l’UEFA a pu annuler une clause visant à interdire le portier de l’Atletico, Thibault Courtois, de pouvoir affronter son club propriétaire, Chelsea, en demi-finale de la Ligue des Champions. Le contrat entre les deux clubs signé 3 ans plus tôt stipulait que les Colchoneros devraient verser la forte somme de 3M d’euros s’ils souhaitaient aligner leur dernier rempart lors de la double confrontation.

La Premier League, elle, va plus loin et interdit aux joueurs prêtés d’affronter leur club d’origine. Cette règle applicable depuis 2005 n’est présente que dans le pays de Shakespeare. Ainsi les Anglais suivent les Espagnols et deviennent un allier de poids dans la course au maintien de cette option.

Les prêts «poisseux» 

MUNITIS : L’instauration de ces clauses a débuté à cause ou grâce au cas Munitis (Racing Santander) lors de la saison 2002/2003. L’attaquant se vengeait du manque de confiance de ses dirigeants en inscrivant le but de la victoire au «El Sardinero» avec une célébration euphorique, maillot retiré inclus.

RAC-1

ETO’O : Lors de cette même saison, le Real, détenteur de 50% des droits du Camerounais, se faisait punir par ce dernier pour la défaite historique (1 -5) des madrilènes face au club des Baléares (Majorque). Au moment de fêter son doublé, Eto’o se dirigea vers la tribune présidentielle avec un geste de revendication clair afin de démontrer à Florentino Perez qu’il était apte à jouer au Real : « ¡ Yo aquí !» (Je peux jouer ici !), lança t-il au chef d’entreprise espagnol.

Eto'o

MORIENTES : L’année suivante confirmera la poisse des coéquipiers de Raúl. Son grand ami, parti à Monaco à la plus grande stupéfaction de tous, punira l’équipe dirigée par Carlos Queiroz en inscrivant 2 buts lors des deux confrontations comptant pour quarts de finale de la C1.

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MORATA : Dans un autre contexte et sous une autre forme, Alvaro Morata a lui aussi été le bourreau du Real. Acheté et non prêté, le joueur de la Juventus privera les madrilènes de finale et de Clasico l’an passé grâce à deux buts sur l’avant dernière marche. Le Real avait pourtant tenté d’insérer la clause qu’il affectionne tant dans le contrat (le club disposant d’une clause de rachat pour le joueur) mais la Juve refusera après de nombreux jours de négociations. Une nouvelle fois, les madrilènes auront été punis par l’un des leurs et l’un de leurs joueurs formés, à la plus grande souffrance des Socios.

morata_10Les cas moins complexes 

Aujourd’hui le Real ne s’y trompe pas et inclus presque systématiquement cette désormais fameuse clause de la peur pour ses joueurs prêtés.

Alors si Burgui et Asensio en ont fait les frais ce week-end, Pablo Garcia (Celta Vigo), Javi Garcia (Benfica), Granero (Getafe), Cheryshev (Seville et Villareal), Lucas Vasquez (Espanyol), Borja Valero et Diego Lopez (Villareal), Callejon (Espanyol), Soldado (Osasuna), Canales (Valence)… ont tous connus cette impossibilité de prouver à leur club de coeur qu’ils pouvaient briller lors des grands matchs. Et si leurs contrats furent tous signés de manière cordiale et sans embûches, d’autres se sont vus imposer des conditions plus drastiques :

  • Interdiction pour De La Red (Getafe) de jouer pendant 2 ans contre le Real (300 000 euros dans le cas contraire). Option respectée.
  • Interdiction pour Negredo de jouer au Bernabéu. Ce dernier marquera a Almeria, au retour pour une victoire (2 – 0) des siens.
  • Pedro Leon, humilié par Mourinho, avait une clause de 2M en cas de match joué face au Real. Option respectée.
  • Drenthe à Hercules : Même chose.

Le Real est donc l’instigateur de cette clause, mais en est également la plus grande victime. Malgré le travail conséquent de négociations des dirigeants madrilènes, on remarque des failles (Morata, Negredo) qui leur permettent d’avoir des regrets. Florentino Perez ne lésine pourtant pas sur la négociation puisqu’en 2012, Josep Señé prêté au Real Oviedo n’a pu jouer face au Real C pour un match de Segunda B grâce au termes contractuels préalablement signés.

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