« Pardon Marco Asensio »

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AFP – PHOTO JORGE GUERRERO

Marca a publié un édito aujourd’hui faisant écho aux incroyables propos de Marco Asensio, qui expliquait récemment ne pas avoir à porter le poids de l’équipe sur ses épaules, le joueur se délestant au passage de toute responsabilité dans la crise récente du Real. Des déclarations teintées d’un manque évident d’ambition, qui font beaucoup jaser en Espagne. 

Nous devrions aujourd’hui, tous, demander pardon à Marco Asensio. Pardon d’avoir été aveuglés par l’illusion d’un éclair de génie survenu à Trondheim face au FC Séville en 2016. Pardon pour l’illusion créée par ce doublé réalisé face au Barça en Supercoupe. Pardon pour la chimère du slalom face au Bayern Munich ou pour l’empreinte laissée en finale de Ligue des Champions face à Buffon. Pardon de ne pas avoir voulu d’Eden Hazard et de s’être dit que tu étais « meilleur ».

Aujourd’hui, à 22 ans, Marco Asensio ne sent pas obligé d’épater, de nous rassurer et de nous prouver toute l’étendue de son talent. Dans une saison où il était enfin titulaire et lorsque le club a souhaité lui faire confiance au lieu de tomber dans la facilité du « transfert bling-bling », l’ancien joueur de Majorque compte 2 buts en 17 matchs. Mais ce n’est pas le pire. Ce qui préoccupe c’est que sa tête ne fonctionne pas au rythme de son pied gauche exquis. Qu’il privilégie la passe simple à la percussion. Qu’il préfère la « facilité » à la prise de risque. C’est en soi légitime. Tout aussi légitime que de voir le Real Madrid et ses supporters attendre autre chose d’un tel talent. Pas seulement statistiquement, mais également dans l’envie, l’abnégation le désir de vaincre et de s’imposer.

Pardonne-nous Marco. Pardonne-nous de croire que ton niveau technique mérite mieux qu’une place de douzième homme au sein du meilleur club du monde. Pardonne-nous de penser que d’autres joueurs pourraient être ces supersub que tu te contentes d’interpréter. Pardonne notre engouement et notre naïveté, notre espoir et notre confiance. Pardonne-nous de penser que tu pourrais être influencer par ton capitaine, auteur de gestes démonstratifs d’un grand courage et d’une grande envie de briller. Pardon d’avoir cru en un potentiel hors du commun qui allié à une mentalité de gagneur ferait de toi l’un des tous meilleurs au monde.

Pardonne-nous également de penser que le Real Madrid n’a pas le temps d’attendre que l’oiseau prenne son envol alors que l’œuf a éclos depuis bien longtemps. Pardon Marco Asensio Willemsen, nous ne te demanderons plus jamais de tirer l’équipe vers le haut de par ton jeune âge même si nous n’en comprenons pas réellement le lien. Nous ne te l’avons d’ailleurs jamais demandé, nous pensions que tu étais capable de prendre conscience de ton importance.

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