Le président de Wolfsburg, madrilène et madridista

garcia sanz pérez
On dit parfois que les hommes importants se connaissent tous entre eux. Quand on a le numéro de gens influents, on devient influent soi-même. Florentino Pérez et son homologue de Wolfsburg en sont le parfait exemple.

L’un construit des routes et des ponts, l’autre des voitures. Sans les voitures de l’un, y aurait-il les ponts de l’autre ? Ou l’inverse ? L’un est président du Real Madrid, l’autre de Wolfsburg. Et sur ce point pas de doute, les deux dépendent de l’autre : sans Real, il n’y a pas de match ce soir. Sans Wolfsburg non plus. Mais quel rapport entre des routes, des voitures, et un match de football ?

La responsabilité automobile 

Francisco Javier García Sanz naît à Madrid, en 1957. Il aime le football, et surtout le Real. Il étudie en Espagne, avant d’aller se perfectionner en Allemagne, dans le domaine du commerce et des entreprises. Ensuite, il fait quelques allers retours entre l’Espagne et l’Allemagne pour le travail. Il officie pour Opel et General Motors, grimpe dans la hiérarchie, fait un tour en Turquie, découvre les États-Unis. Là-bas, il se lie d’amitié avec un ingénieur espagnol brillant, peu scrupuleux et qui a un rêve automobile fou : construire une usine de voitures dans sa ville natale, qui fabriquerait des véhicules à zéro coût.

En 1993, García Sanz quitte GM. Son compère en fait de même, avec en poche, des documents confidentiels qu’il transmet à son nouvel employeur, qui est aussi celui de son ami : Volkswagen. Les choses se passent très bien pour García Sanz, qui intègre le conseil d’administration de la firme en 1996. Et quand on est à un tel poste, on peut dire que l’on pèse. Tout ne va pas aussi bien pour l’ingénieur, accusé d’espionnage industriel et de fraude. Il se retrouve devant la justice. Il contraint son nouvel employeur à lâcher au moins six milliards à GM, mais on retiendra surtout qu’avec ses méthodes révolutionnaires, il sort la marque Volkswagen de la zone rouge.

garcia sanz rajoyLe groupe allemand se porte toujours mieux, au point d’investir dans le club de la ville. Le VFL, équipe des employés de Volkswagen, ne se porte pas si mal depuis le début des années 2000, contrairement au reste de son histoire, faite de galères et de virginité de titres. La Volkswagen Arena, nouveau bastion des loups, est achevée en 2002. García Sanz lui, se porte également très bien. Il intègre le conseil du club en 2004, et puis les conseils, ça le connaît. Il en a intégré déjà beaucoup : ceux de Seat, Audi, Porsche, VW, GM. Côté compte en banque, ça va tranquillement, avec une paye estimée à quatre millions par an. Il remplit aussi son carnet d’adresse, puisqu’il a carrément le gouvernement espagnol qui le supplie pour que VW continue d’investir en terres ibères. Quand il retourne dans son pays, il profite pour déjeuner avec ses bons amis, présidents du Real et de l’Atletico.

La responsabilité routière

Et en 2009, à force de grimper, García Sanz finit par arriver tout en haut, c’est-à-dire à la présidence du VFL Wolfsburg. Un Espagnol président d’un club allemand, ça détonne. À peine un mois plus tard, son bon ami Florentino Pérez redevient président du Real. S’il est là, c’est qu’il a préalablement acquis une notoriété dans le domaine de la construction de routes et ce qui relie les routes entre elles, à savoir les ponts. Pérez va de société en société, rentre en politique, gagne de l’argent, des récompense, et un beau jour, devient président du Real.

Perez-Javier GarciaEntre les deux hommes, tout roule

Ce soir, Pérez et García Sanz seront côte à côte, assis sur les sièges présidentiels. Hier, ils ont regardé l’entraînement du Real ensemble. Comme il n’y a pas de manuel intitulé « comment devenir président d’un grand club », ils ont pris la voie qui s’était présentée à eux. Ils sont experts en finances, à défaut d’être experts du jeu. Raison pour laquelle García Sanz avait en son temps, confié les pleins pouvoirs à l’entraîneur Felix Magath, en ce qui concernait le domaine sportif. À Madrid, on n’en est pas encore là.

Un ingénieur et un commercial en quarts de la Ligue des Champions avec leur club, personne ne pouvait le prédire. De toute manière, les prévisions sont ce qu’elles sont. À défaut d’être exactes, on ne peut que spéculer. Alors spéculons. Si les joueurs du Real reçoivent une Audi chaque année, est-ce un hasard ? Si García Sanz se déplace en personne et pose avec son ami Florentino, peut-on parler de coïncidence ? Si Ricardo Rodriguez signe au Real cet été, encore un hasard ? Par contre, si Cristiano a pris l’Audi R8, ça, c’est loin d’en être un.

Articles liés