Varane : « Le vestiaire aurait pu exploser »

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AFP – Photo Oscar J. Barroso

Raphaël Varane a accordé une longue interview au média Marca. Le défenseur du Real Madrid revient sur la saison compliquée, son avenir et les prochains objectifs du club.

Pouvez-vous tirer quelque chose de positif de cette saison?

La saison a été très difficile, surtout sur le plan mental, mais il y a toujours quelque chose de positif à en tirer. C’est dans ces moments là qu’on voit le caractère et la vraie personnalité des gens car personne ne peut se cacher. On se connaît mieux avec ces choses-là. Le vestiaire n’a pas explosé, ça aurait pu, et c’est positif, comme le retour de Zidane. Même sur cette saison, il y a toujours quelque chose de positif à retenir.

L’équipe s’est-elle relâchée ?

Je ne pense pas que ce soit cela, il y a beaucoup de raisons mais ce n’est pas ça. Nous ne pouvons pas toujours être sur le toit du monde, il est impossible de gagner dix Champions League de suite. Ce sont des cycles. Tout le monde pensait qu’en gagner trois était impossible et nous l’avons fait. Mais toujours gagner, c’est impossible car il y a des moments plus compliqués. On a aussi passé de nombreuses années à jouer plus de matchs que les autres. Tout le monde veut gagner contre Madrid parce que c’est l’adversaire à battre, tout le monde nous attend, et c’est une fatigue mentale et physique aussi. Mais surtout, nous n’avons jamais abordé cette saison en nous disant : ‘Nous sommes les meilleurs’. Les efforts pour gagner ont fait des dégâts mais nous avons toujours été humbles, nous nous sommes battus. Je pense que cela devait arriver, et c’est arrivé. Ça aurait pu être l’an dernier, on ne sait pas, mais avec tant d’effort vient le moment où vous n’avez plus cette étincelle qui vous aide dans les moments difficiles. C’est humain, on ne peut pas toujours être bons.

Mais sans Cristiano, croyez-vous vraiment qu’il y avait une équipe pour gagner ?

Oui, bien sûr, nous avons aussi très bien commencé la saison. Même parfois en jouant mieux que l’année dernière, mais les résultats n’ont pas suivi. La vie est un équilibre et parfois les choses sont contre vous. Le négatif génère encore plus plus de négatif et ça a été comme ça toute la saison.

Quels souvenirs gardez-vous de Lopetegui et de Solari ?

Je garde de bons souvenirs des deux sur le plan humain. Solari est arrivé dans un moment difficile et Lopetegui n’a pas eu de chance avec les résultats, mais nous avons très bien travaillé avec lui. J’ai appris des deux. Mais dans les saisons les plus compliquées, vous devez vous battre davantage et les choses ont mal tourné. Je pense que nous ne pouvons nous faire aucun reproche au niveau de l’engagement. La semaine clé, face au Barça, en Copa, et face à l’Ajax, nous avons tout donné. Je pense que nous pouvons tous nous regarder en face. Quand nous croisons les fans, nous n’avons pas honte parce que nous avons tout donné. La forme n’était pas idéale, mais au moins nous nous sommes battus.

Et au niveau individuel, comment vous êtes vous senti ?

J’ai eu du mal à me lancer au début, jusqu’à cette blessure contre le Barca je n’étais pas moi-même, je n’avais pas de bonnes sensations. Je n’ai pas eu le temps de me reposer ou de préparer la saison. Nous avions été prévenus par les joueurs qui avaient remporté la Coupe du Monde en 1998, qui nous avaient dit que cela coûtait toujours cher. Zizou m’a dit que dans mon cas, il ne m’a pas fallu trop longtemps pour revenir à mon niveau. Dans une telle saison, il est difficile de se juger sur le plan individuel. Lorsque l’équipe ne va pas bien, il n’y a pas beaucoup d’options qui se proposent à vous et vous finissez par choisir la moins mauvaise. Je l’assume, je sais que je n’ai pas fait ma meilleure saison.

Et à votre âge, après avoir tout gagné, avez-vous toujours des défis à relever au Real Madrid ?

Oui, bien sûr, je suis encore très jeune. Je pense avoir atteint un âge où se croisent jeunesse et expérience, et j’espère que la saison prochaine on verra le meilleur Varane de ma carrière et avec le maillot du Real. Je vais avoir un peu de repos, ce que je n’ai pas eu depuis longtemps, et je vais faire une pré-saison complète. Je pense que Zizou est un coach qui peut me rendre encore meilleur et j’espère qu’il verra le meilleur Varane très bientôt.

Je dis cela parce qu’en France il n’y a pas longtemps il se disait dans la presse que vous étiez en réflexion, à la recherche d’une autre aventure hors de Madrid… Est-ce vrai ?

Nous réfléchissons toujours, c’est la vie d’un footballeur d’élite, nous devons toujours penser à être plus performant, à nous améliorer, à nous sentir heureux. Cela fait partie de la vie, je ne me relâche jamais et je pense toujours à ce que je peux faire de mieux, quelle motivation supplémentaire je peux avoir sur le terrain. Tout le monde doit le faire, après ils ont beaucoup parlé pour moi, mais y avoir réfléchi, pourquoi pas.

Et après avoir réfléchi ? Votre place est à Madrid ?

Je veux continuer à Madrid l’année prochaine, je suis sûr que nous allons revivre des émotions fortes et je suis sûr que la saison prochaine sera très bonne.

Partir comme ça, après une année décevante, ça aurait été un peu moche, vous ne pensez pas ?

Triste, oui. Tout doit finir un jour, mais après une saison comme celle-là, ce n’était pas mon souhait. Du moins dans mon cas, avec l’histoire que j’ai avec ce club, avec les fans, avec tout le monde. Cela aurait été vraiment moche, et ce ne sera pas le cas.

Vous sentez toujours le respect des fans ?

Je crois que oui. J’espère que l’image que j’ai ici est celle de quelqu’un qui essaie toujours de bien faire les choses, et dont mes collègues peuvent compter sur moi car je mouille toujours le maillot. Ils savent qu’avec moi, vous pouvez gagner une Champions ou une Coupe du Monde et que dans des saisons comme celle-là, je ne vais pas me cacher. Et cela les fans le ressentent.

A quel moment la confiance de cette équipe a-t-elle pris fin ? Peut-être après avoir perdu contre le Barça malgré tant d’efforts …

Je ne pense pas que ce soit la confiance, mais c’est vrai que cette année est arrivé un moment où nous faisions plus d’efforts que la normale, encore plus que lorsque nous avons remporté la Ligue des champions. Et cela n’a rien donné. Cela a été un coup très dur parce que nous avons ressenti une usure mentale et physique impressionnante. Nous en avons parlé dans le vestiaire, on s’est dit que ça avait été la semaine la plus difficile de notre carrière. Pour tout le monde.

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