Fabio Capello a accordé une longue interview au quotidien Marca. L’ancien entraîneur a évoqué le Real Madrid, le début de mandat de Xabi Alonso et plusieurs sujets qui font débat autour de l’équipe.
Capello rappelle d’abord une règle de base quand on arrive sur un nouveau banc. "Je dis toujours qu'il faut faire du vin avec les raisins qu'on a. Si vous voulez faire du champagne mais que vous n'avez pas de raisins champenois, vous n'en ferez pas… Quand on arrive dans un nouvel endroit, il faut savoir où l'on va travailler."
Selon lui, Alonso connaît bien la maison blanche, mais le passage du terrain au banc est toujours délicat. "Oui, il connaît le club, mais en tant que joueur, ce qui est différent de la situation d'un entraîneur. Pour un joueur, le plus important est de s'entraîner, de vivre comme un athlète et, le jour du match, de jouer. Pour un entraîneur, il faut beaucoup réfléchir, on a 25 joueurs et il faut trouver comment les placer pour qu'ils donnent le meilleur."
Sur le pressing et le comportement des stars, Capello a un avis bien tranché. "Mais ces joueurs n'ont jamais pressé, jamais, et ils ne le feront pas. Ils ne pressaient pas non plus sous Ancelotti. C'est une chose de redescendre et de se positionner pour aider l'équipe, mais est-ce vraiment ce que vous attendez d'eux ? Ils n'en sont pas capables. C'est la même chose qui s'est passée avec Leão à Milan. On parle de joueurs qui font mal à l'adversaire quand ils ont le ballon, et quand l'équipe ne l'a pas, ils doivent redescendre, mais pas pour presser."
Pour l’Italien, le plus important reste l’équilibre. "Aujourd'hui, on a l'impression que tout tourne autour du pressing, mais l'essentiel, c'est de bien positionner l'équipe sur le terrain. Ensuite, il y a les cas individuels : si un joueur ne presse pas, très bien, il ne presse pas. Mais quand on a le ballon, il doit faire quelque chose de bien, quelque chose de différent, et c'est là qu'il faut exiger davantage de lui. Quand on a des joueurs qui font la différence, il faut bien réfléchir à leur rôle."
Capello est aussi revenu sur l’affaire Vinicius dans le Clasico et a soutenu la gestion de son entraîneur. "Xabi Alonso a été irréprochable. Devant tout le stade, devant tous les supporters, ce n'est pas le lieu pour régler ça. Ils doivent en parler plus tard, dans les vestiaires, et surtout, présenter leurs excuses à l'équipe. Le respect est essentiel dans les vestiaires, il y a 24 coéquipiers et ils veulent tous jouer. Car Vinicius a manqué de respect au joueur qui l'a remplacé. Ce n'est pas l'entraîneur qui compte, c'est ce coéquipier."
Concernant le pressing, encore, il ajoute : "Le pressing est importante, mais je regarde City jouer et Haaland ne presse pas tant que ça non plus… Certaines équipes pressent haut, d’autres plus en retrait. Si un joueur adverse ne vous met pas en danger balle au pied, laissez-le faire."
Capello a évoqué Carlo Ancelotti, qu’il connaît depuis toujours. "Carlo, c'est le professeur. Il a été mon joueur et je le connais très bien. Il a un leadership naturel : il a l'air nonchalant, mais il ne l'est pas, il a l'air calme, mais quand il s'agit de dire les choses à ses joueurs, il le fait. Il sait comment rallier l'équipe à sa cause."
Pour conclure, l’Italien pointe clairement le principal problème au Real : "Avec un milieu de terrain vraiment performant, la moitié du problème serait déjà résolue. Le gardien et le milieu sont essentiels car ils soutiennent à la fois la défense et l'attaque. Il faut savoir faire le bon choix au bon moment, placer le ballon exactement au bon endroit. Sans cette qualité, on est condamné à une passe latérale ou à une passe en retrait."








