Butragueño : le symbole d’une génération et du madridisme

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À l’occasion de notre tournoi des légendes du Real Madrid sur nos réseaux sociaux, focus sur Emilio Butragueño, qui entrera en compétition ce vendredi soir (22h00).

Au début des années 1980, le Real Madrid connaît un coup de mou. Les désillusions s’enchaînent, le jeu proposé par l’équipe n’est ni séduisant, ni efficace. Le club a besoin d’un nouveau souffle, il a besoin de démarrer un nouveau cycle. À cette époque, le marché des transferts est déjà ouvert aux étrangers mais les clubs sont toujours très dépendants de leur centre de formation. C’est à ce moment-là que le Real Madrid va sortir la plus belle génération de joueurs de son histoire.

Cette génération, elle est incarnée par Emilio Butragueño, aussi surnommé El Buitre [le vautour]. Le jeune Emilio évolue encore au Castilla qu’il fait déjà parler de lui dans la presse espagnole. Il est le meilleur buteur du championnat avec une avance notable sur le second, Julio Salinas, et le pichichi lui tend les bras. Mais El Buitre se fera finalement dépasser par l’attaquant de l’Athletic Club. Pas parce qu’il connaît une baisse de régime non, mais plutôt parce qu’il est appelé à jouer à échelon supérieur : avec l’équipe première du Real.

Nous sommes en 1984 et Di Stefano a pris la tête du Real Madrid. L’immense légende du club décide de promouvoir les jeunes et va lancer Butragueño dans le grand bain en février 1984 contre Cadix. Le Real est mené (2-0) à la pause lorsque l’entraîneur Argentin prend la décision de faire entrer le prodige de 20 ans. El Buitre, auteur d’une entrée fracassante, claque un doublé et permet à son équipe de l’emporter (3-2). Les supporters madrilènes sont déjà emballés et retrouvent espoir, ce petit blondinet va faire des merveilles.

Amancio Amauro, alors entraîneur du Castilla, est promu en fin de saison et remplace Di Stefano sur le banc du Real Madrid. Ce dernier va aller plus loin que son prédécesseur et puise dans le Castilla : Michel, Pardeza, Vazquez et Sanchis intègrent également l’équipe première du Real et forment, avec Butragueño en chef de file : la Quinta del Buitre.

Durant la seconde partie des années 80, le Real Madrid renoue avec le succès, aussi bien sur le plan national qu’européen. L’équipe produit en plus de ça un football alléchant et le Santiago Bernabeu s’identifie à ses joueurs mieux que jamais. Ce n’est pas un hasard si les anciennes générations sont si attachées à cette partie de l’histoire du club.

Quant à Butragueño, il est le porte drapeau de cette génération et depuis ce temps un symbole du Real Madrid. À l’époque, sur le terrain, il partage les buts avec Hugo Sanchez, mais il est beaucoup plus qu’un simple buteur, bien qu’il fût terriblement efficace face aux cages. C’est un génie balle au pied. Il n’est pas imposant physiquement (1,70m) mais il est rapide, vif, solide sur ses appuies et il a un remarquable sens du jeu. Un véritable crack du ballon rond.

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Sous le maillot merengue, le joueur espagnol a remporté 15 trophées dont 6 Ligas et 2 coupes de l’UEFA. Il a inscrit 171 buts en 463 matchs officiels avec la tunique blanche. Son seul regret, et celui de cette génération, est celui de ne pas avoir pu soulever de C1.

L’histoire s’est terminée en mai 1995 : « Le 30 juin prochain, je quitte le Real Madrid. C’est la phrase qui me fait le plus de mal à prononcer. J’ai joué 11 ans dans ce paradis qu’est le Bernabéu… », annonce Butragueño devant la presse. Il ne sait pas encore où il jouera, mais il promet une chose : il ne portera le maillot d’aucun club espagnol. Finalement, il terminera sa carrière au Mexique, avec Michel qui le rejoint une année plus tard. Depuis le début des années 2000, la légende madrilène fait partie de l’organigramme du club. Il a un temps occupé le poste d’adjoint de directeur sportif avant d’être nommé directeur des relations institutionnelles du Real Madrid après que le précédent poste ait disparu.

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