Carvajal : « Je dois aborder les matchs avec moins d’adrénaline »

Carvajal avec Pablo García, journaliste MARCA

Dani Carvajal a accordé un long entretien au journal MARCA ce mardi. Le défenseur espagnol est revenu sur la saison du Real, sa situation personnelle et a expliqué comment a-t-il vécu cette mauvaise saison.

MARCA : J’imagine que c’est toujours spécial de jouer à Butarque (ndlr : Carvajal est né à Leganés) ?
Carvajal : Oui, c’est comme revenir à la maison pour moi. Ça l’était déjà lorsque je revenais jouer ici quand j’étais Alevin et Infantil… J’espère que nous gagnerons, mais je souhaite toute la chance du monde à Leganés, c’est certain.

Tu as déclaré que c’était une « saison de merde ». Tu peux expliquer ce qui s’est passé ?
J’ai dit ça sur le moment, à chaud après le match contre l’Ajax. Une explication ? Eh bien, les choses ne se sont pas bien passées, c’est le football mais nous avons donné le meilleur de ce que nous avions à donner. Je ne pourrais pas te dire que c’est pour X ou Y raison, je pense qu’aucun de nous n’a été à son meilleur niveau. On joue ensemble depuis des années et on se connaît bien.

Les changements d’entraîneurs vous ont affecté aussi ? 
Ce sont des décisions prises qui ne nous appartiennent pas, mais ce qui se passe sur le terrain nous concerne nous. Nous ne devons pas rejeter la faute sur d’autres, nous devons gagner et faire avancer les choses. Nous sommes les joueurs.

Modric a dit qu’on attendait de personne qu’il marque les 50 buts de Cristiano, mais que certains joueurs devaient en mettre plus… Tu es d’accord ? 
Il est clair que lorsqu’un joueur qui marque 50 buts s’en va, il faut essayer de les compenser autrement. Il y a aussi eu des moments dans la saison où nous avons marqué beaucoup de buts, mais à d’autres, nous avons eu des mauvaises séries. Savoir que nous n’avions pas ce joueur qui concrétise avec un rien, cela a créé une forme d’anxiété chez nous et cela nous a coûté beaucoup de points.

Quelle note tu t’attribues ? 
Je ne suis pas trop du genre à me mettre des notes. Je me mettrais 4, je ne me mets pas la moyenne. Je me lie à celle du groupe et nous n’avons pas été bons.

Ce fut les mois les plus durs de ta carrière ?
Depuis que je suis professionnel, oui. Il est rare qu’à partir de mars, nous n’ayons plus aucun titre à jouer, seulement par fierté et pour l’écusson de ce maillot. C’est une situation très étrange et inconfortable.

Tu es né Madridista. Tu en souffres particulièrement ? Comment as-tu vécu ces semaines ?
Les deux ou trois semaines suivantes l’élimination, cela n’a pas été facile. Je rentrais à la maison et j’étais irascible, un peu plus de mauvaise humeur et c’était une sensation très inhabituelle. C’est passé désormais, tu finis par assumer la situation. Il faut maintenant essayer de gagner les derniers matchs de Liga et penser à la prochaine saison.

Et qui doit supporter ça ? Vers qui t’es tu réfugié ?
Ma compagne, mes amis, ma famille… Tout mon entourage est celui qui en souffre. Je suis une personne qui a du mal à s’ouvrir aux autres dans ces moments-là, quand je ne vais pas bien, j’aime être seul et réfléchir.

Tu as compris la décision de Ramos de forcer le jaune contre l’Ajax ?
Au final, il a reconnu s’être trompé. Le 1-2 à l’extérieur est un résultat fantastique dans n’importe quel match à élimination directe et il a pensé que c’était la meilleure décision pour lui et pour l’équipe. Il a lui-même dit que ce ne fût pas la bonne, mais personne ne sait, si nous nous étions qualifiés pour les quarts… Ce sont des décisions qui se prennent, il ne faut pas les remettre en question.

Tu as vécu le match comme un fan…
Je suis très sensible émotionnellement dans ces moments, un peu fragile. Si ça me fait mal, ça me fait très mal. Je ne conçois pas la défaite, perdre si vite. C’était un sentiment de colère contenue.  J’ai très peu dormi cette nuit-là.

Et tu as terminé le match blessé..
Oui, les deux blessures cette saison ont été causées par des coups. J’ai pris un coup lors du Clasico en fin de semaine et j’ai senti que le muscle était un peu plus sensible. Et à la 60e minute de jeu, je l’ai remarqué mais c’était un match à gagner. Si tu ne prends pas de risques sur ces matchs, quand vas-tu les prendre ?

Tu penses que le fait de vivre autant les matchs et jouer à fond chaque action influe sur les problèmes physiques ?
Possible. J’en parle beaucoup avec mes parents, je dois aborder les matchs avec un peu plus de calme, avec moins d’élan et d’adrénaline. Au final, les muscles se tendent et le risque de blessure augmente.

Que penses-tu du fait que dans la presse, on parle de révolution, de ménage, de têtes coupées… ?
Je suis Madridista depuis de nombreuses années et à chaque fois qu’on ne gagne rien comme cette saison, on dirait qu’il faut virer tout le monde et au final c’est logique. Il y a toujours des joueurs qui viennent et d’autres qui partent lorsqu’on ne gagne rien. Et lorsqu’on gagne, tout est beau et il ne faut rien changer.

Est-ce que tu sens qu’il y a eu beaucoup de critiques (du club, des fans, de la presse) alors que vous avez été champions d’Europe pendant 1000 jours ?
Je pense que nous sommes dans l’histoire du football. Rien de tel ne se reproduira ou alors ça va être très compliqué. Mais le football n’a pas de mémoire. Tu peux perdre le mercredi, et tu auras une nouvelle opportunité de l’oublier dès le samedi qui suit, c’est comme ça. Le passé ne vaut rien. Ils nous ont critiqué et remis en question pour la saison que nous avons fait car elle n’a pas été bonne.

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