La limite salariale, cette grande inconnue

cap

La limite salariale est une norme imposée par LaLiga depuis 2013, visant à éviter l’endettement des clubs espagnols. Mais est-elle vraiment respectée ?

L’année dernière, Real-France mettait en exergue le fait que la masse salariale du Real Madrid était en augmentation. Cette semaine, c’est au tour du site La Galerna de s’attarder sur les limites salariales des grands clubs de  la Liga. Cette limite inclut toutes les dépenses en joueurs, entraîneurs, staff technique, centre de formation et autres sections durant la saison en cours.

Les facteurs déterminants dans la limite du coût de l’équipe sportive sont les suivants : Salaires fixes et variables, sécurité sociale, primes collectives, frais d’acquisition (dont les commissions pour les agents), amortissements (montant d’achat des joueurs imputés annuellement, en fonction du nombre d’années de contrat du joueurs). Chaque club communique à LaLiga sa limite de coût de l’équipe, afin de respecter les normes d’élaboration des budgets des clubs. L’organe de validation de LaLiga approuve alors la limite de budget, ou s’y oppose tant que le montant ne garantit pas la stabilité financière du club.

La limite du coût de l’équipe sportive peut se voir augmentée dans les conditions et en accord avec les processus qui sont établis dans le titre III des normes d’élaboration des budgets des clubs. Dans celles-ci, LaLiga développe et détaille dans ses articles 39 et 40, chacun de ces concepts. Il convient de s’attarder en particulier sur l’article 40, celui relatif aux variables des transferts. Il incombe à l’Organe de Validation de décider si leur réalisation est de probabilité élevée ou de les inclure comme coût fixe. Il existe des variables de plusieurs types, les plus familières sont les parties jouées et la qualification pour les compétitions européennes. En ce qui concerne ces dernières, il paraît évident que pour l’Atletico Madrid, le FC Barcelone et le Real Madrid, toutes les variables sont incluses, mais il n’est pas possible d’en faire de même pour les autres clubs.

Il est d’ailleurs assez surprenant que LaLiga soit l’organe décisionnel en ce qui concerne le fait de savoir si un footballeur va jouer un nombre déterminé de matchs. LaLiga est juge et partie, puisque comme dans le cas du « bras d’honneur » de Bale, LaLiga est l’organe dénonciateur et aussi celui qui juge. De plus, elle officie également en tant qu’entraîneur : elle estime combien de matchs jouera un joueur, tant en Liga que dans les autres compétitions.

Il existe donc une faille légale pour toutes les équipes qui abusent des variables. S’ils convainquent LaLiga qu’un footballeur déterminé ne jouera pas beaucoup de parties, ils économiseront de l’argent. Dans le cas d’Ousmane Dembélé, le Barça verse à Dortmund 5 millions d’euros chaque fois qu’il joue 25 matchs. En tenant compte du fait qu’il a joué 23 matchs la saison passée, et 32 cette saison, cela fait 55 matchs, ce qui équivaut à 10 millions à payer pour le Barça, et à 20 matchs de payer 5 autres millions.

Combien de millions en variables LaLiga a-t-elle compté pour le Barça ? Cela est important sachant que le Barça a déjà dépensé toute sa limite salariale. Ci-dessous, un aperçu de la limite salariale de chaque club pour la saison en cours :

Comme nous pouvons le voir, le FC Barcelone possède une limite salariale de 632 971 millions. Selon le budget de cette saison analysé par Palco 23, le club catalan va destiner à sa masse salariale 633 millions. La Barça va donc atteindre sa limite. Cependant, sa situation va s’améliorer avec l’argent reçu durant le mercato de janvier. Le problème pour le Barça n’est pas nouveau. L’année passée, la limite salariale de 507 millions n’a pu être respectée que grâce au transfert de Neymar car entre les salaires est les amortissements, ils dépassaient les 530 millions.

Au contraire, le Real Madrid respecte sa limite salariale avec brio, de 566 millions, en n’ayant eu à payer que 544 millions selon leur budget. Le coût des salaires frise les 422 millions en incluant le salaire de Cristiano, les amortissements représentant 122 millions. A la limite salariale imposée par LaLiga, il convient également d’ajouter le contrôle financier effectué par l’UEFA par rapport au Fair Play Financier (FPF).

Les dispositions légales sont conséquentes mais la partie qui nous intéresse se trouve à l’article 62.4: idéalement, il ne faudrait pas que la masse salariale excède le 70% du budget (salaires plus amortissements) :

En s’attardant sur la traduction littérale, ce n’est pas une norme qu’il faudrait dépasser. Autrement dit, si un club dépasse les 70% de la masse salariale, l’UEFA se réserve le droit d’utiliser le « Break-Even Information », c’est-à-dire, réclamer des informations additionnelles pour les clubs suivis par l’UEFA pour un possible non-respect du Fair-Play. Il sied de souligner que c’est dans cet article 62 que sont détaillés tous les indicateurs que l’UEFA considère comme faisant partie de l’inaccomplissement du FPF.

Pour sa part, le Real Madrid, cette saison, a dépassé cette recommandation de 1%, pour la première fois, en se situant à 533 millions, soit 71% du budget ordinaire, et 66% de toutes les recettes ordinaires. Tout cela en comptant le salaire de Cristiano, et sans compter la plus-value de son transfert. L’année passée, il était à 64%. A titre comparatif, le FC Barcelone dépasse les recommandations depuis deux années avec des taux de 93% et de 76%. Quant à l’Atletico, il a pour l’instant, refusé de dévoiler ses comptes…

Articles liés