Que se passe t-il à Bernabéu ?

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3 victoires, 3 matchs nuls et 1 défaite à domicile. Le Real Madrid n’avait pas connu moins bon départ depuis 1998. Real France revient aujourd’hui sur les raisons de ce « fiasco », notamment offensif.

S’il a battu le record espagnol de victoires consécutives à l’extérieur (13) dépassant ainsi le Barça de Guardiola, le Real montre indéniablement des difficultés à Bernabéu en ce début de saison. Trois victoires en sept matchs, il faut remonter à la saison 1998-1999 sous Guus Hiddink (3 victoires, 2 nuls et 2 défaites) pour retrouver un tel bilan.

Un manque de réalisme criant

C’est certainement l’élément le plus déterminant et l’argument le plus valable. Depuis la saison 2004-2005, jamais le Real Madrid n’avait passé 8 journées de championnat sans mettre une volée à plus de 3 buts ! Aujourd’hui, à Santiago le constat encore pire. Les madrilènes ne rassurent pas, ne s’imposent pas sur des scores fleuves, ne nourrissent pas de satisfaction dans le jeu et pis encore, ils ne sont pas plus adroits que l’épicier du coin. À ce jour le Bernabéu n’a pu assister qu’à seulement 11 buts des siens. Lors des 20 dernières années, le Real n’avait connu si faible ratio qu’à deux reprises. La première, lors de la saison 2004-2005 sous Camacho et García Remón (11 buts inscrits). La seconde, deux ans plus tard, sous Capello (12).

Les madrilènes ont eu besoin de 150 tirs jusqu’ici pour inscrire leurs 11 buts, ce qui signifie qu’ils marquent 1 but toutes les 13 frappes. De ces 150 tirs, moins de la moitié (55) ont été cadrés. Seul un tir cadré sur 5 est donc converti par les merengues.

Hors de leurs terres, les hommes de Zidane affichent une toute autre réussite. En effet, ces derniers ont besoin de “seulement” de 6 tirs pour marquer et de moins de 3 cadrés pour le même résultat.

Une attaque amorphe en manque de connexion 

Si la BBC a fait briller l’équipe il y a quelques temps, il semblerait que les câbles cryptent actuellement la chaîne rendant l’écran et surtout la copie de l’attaque madrilène bien noire. Entre blessures et suspensions, il n’a jamais été possible de voir les 3 stars de l’armada alignées ensemble.

Le cas Benzema inquiète particulièrement à Madrid. En effet, après un mois de blessure, l’ex-lyonnais démontre un manque de réalisme criant puisqu’il n’affiche que 2 buts au compteur sur pas moins de 20 tirs réalisés. A Bernabéu particulièrement, le Français n’a cadré que 6 fois en 16 frappes pour un seul ballon au fond des filets. Les chiffres sont évidemment bien plus faibles que ceux de la saison passée puisqu’avec 3 buts en 14 matchs, Benzema a besoin de trois fois plus de tirs pour faire trembler les filets.

Si les statistiques de Cristiano Ronaldo sont meilleures que celles de l’exercice précédent à la même période, elles ne sont pas pour autant rassurantes. Le Portugais, pichichi du club avec sept buts a plus de mal à scorer à domicile qu’à l’extérieur. A Bernabéu, le natif de Madère marque tous les 11 tirs, alors qu’il divise par trois cette statistique hors de Chamartín.

Une défense pas non plus à la hauteur 

Le manque d’efficacité offensive ne paraît pas être le seul mal du Real à domicile. En effet, les coéquipiers d’un Keylor Navas plutôt en grande forme, encaissent un but toutes les 13 frappes (ironie du sort). Le manque de maîtrise de l’équipe et le rendement plus poussif des latéraux y est certainement pour quelque chose. Les changements et choix discutables de Zidane tendent eux aussi à expliquer les raisons de cette fébrilité. Concernant cette dernière approche, il convient de rappeler que le technicien dispose d’une arme en moins dans son artillerie représentée par le départ d’Alvaro Morata, non remplacé numériquement.

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AFP PHOTO / PIERRE-PHILIPPE MARCOU

Morata, un départ qui fait mal 

C’était l’un des changements préférentiels de Zizou lorsque le Real patinait. L’an passé, lors des 7 premiers matchs à domicile, l’Espagnol avait donné 4 points aux siens à partir de la 83ème minute et inscrit jusqu’ici la bagatelle de 7 buts toutes compétitions confondues. Face au Sporting Portugal, en Ligue des Champions, le désormais joueur de Chelsea avait délivré le Bernabéu grâce à un but de la tête à la 94ème minute de jeu (rappelons que le Real n’a toujours pas inscrit le moindre but de la tête cette saison, contre 40 l’an passé. Morata en est lui à 5 réalisations sur 6 de la tête sous ses nouvelles couleurs). Il avait également été décisif face à l’Athletic Bilbao en inscrivant le but de la victoire à la 83ème, 9 minutes seulement après avoir remplacé Benzema. Un changement que regrette le Real de Zidane qui, mardi, une fois encore, n’a pu briller suite aux changements pour le moins tardifs de son coach.

Un manque d’envie ? 

Ce n’est qu’une hypothèse et même s’il est difficile de la croire plausible pour des joueurs du Real Madrid, il est naturel de se poser la question. Après un doublé monstrueux et une conservation de titre européen, les madrilènes ne seraient-ils pas plus avares d’efforts ? Si le programme à l’italienne de Pintus rend toujours les débuts de saison compliqués, il pourrait être compréhensif d’observer une motivation distincte chez certains joueurs. Si tous sont compétiteurs, beaucoup arrivent à un âge où la Coupe du Monde de l’an prochain reste leur dernière chance de participation. C’est pourquoi devant les nombreuses échéances qui arriveront tout au long de la saison (notamment la CDM des Clubs), il est possible qu’une économie d’énergie soit privilégiée par ces derniers.

Le Real Madrid accueille Eibar ce dimanche (20h45) avec pour objectif de mettre fin aux doutes face à une formation qui avait ramené du Bernabéu le point du match nul il y a tout juste un an…

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