Après la victoire du Real Madrid face au FC Barcelone au Camp Nou (1-2), José Mourinho a pris la parole en salle de presse.
Quelle est votre analyse de ce match ?
Avant tout, je pense que nous avons assisté à un grand match, de très haut niveau. Je suis certain que tous les amoureux du football se sont arrêtés pour le regarder et qu’ils n’ont pas été déçus. Les deux équipes ont joué pour gagner. De mon côté, je préfère parler de mes joueurs. Ils ont réalisé un match extraordinaire. Ils ont été très organisés, concentrés et ont fait preuve de beaucoup de caractère pour ressortir le ballon face à un adversaire qui presse. Nous avons eu des occasions de mener 2-0, notamment au début de la seconde période, sur cette situation de deux contre un entre Jude et Kylian.
Évidemment, le FC Barcelone allait réagir avec force après avoir été mené, mais nous n’avons jamais perdu notre calme. C’est une grande victoire de mes joueurs face à un grand adversaire. L’arbitre a fait un très bon match, mais la VAR s’est endormie à la 60e minute sur une décision qui aurait pu avoir une grande influence sur la rencontre. Il y avait un carton rouge évident sur cette intervention de Cancelo sur Diomande. Mais ça reste un grand match et une grande victoire. Les joueurs le méritent.
Cette victoire peut-elle être un tournant dans votre saison ?
Nous pouvions sortir de ce match avec trois, six ou neuf points de retard. Évidemment, repartir avec neuf points aurait été très dur mentalement. Avec six points, nous serions restés dans une situation équilibrée, avec encore un match retour au Bernabéu. Avec trois points, c’est différent. Et la manière dont nous avons gagné change aussi la donne. On peut gagner avec de la chance, mais nous avons gagné avec calme et en le méritant pleinement.
Concernant le choix de Bernardo Silva, ça ne fait que trois mois et quelques jours que je suis là. Même si je le connais bien, connaître un joueur et savoir comment l’intégrer dans la dynamique d’une équipe sont deux choses différentes. Le groupe est très fort. Je ne dirai jamais que mon équipe type est celle-ci ou que tel joueur est indiscutable, parce que l’effectif est de grande qualité et très complet. Tout le monde travaille beaucoup et chacun est prêt à jouer. C’est comme ça. Vous m’avez posé deux questions et aucune ne concernait Lunin.
Pourtant, si nous avions perdu ici à cause de ses erreurs, la première ou la deuxième question aurait forcément porté sur lui. Je lui ai simplement dit : Tu t’entraînes pour jouer, pas pour rester sur le banc. Alors, va sur le terrain et joue. Il a fait un match très solide, avec beaucoup de calme et d’équilibre. Nous avons le meilleur gardien du monde, mais aujourd’hui, aucun d’entre nous n’a pleuré parce que Courtois ne jouait pas.
Le groupe est fort et très uni, y compris dans les moments les plus difficiles. Nous en sommes à cinq victoires consécutives. C’est tout. Il y a un autre match dimanche, et nous avons une belle série de rencontres à venir. Nous jouons à l’extérieur, puis encore à l’extérieur mercredi et, pour nous faire un autre cadeau, de nouveau à l’extérieur le samedi. Mais allons-y ! Je veux aussi parler d’un joueur : Valverde a joué plus de 40 minutes en étant blessé. Il s’est blessé, a voulu continuer et repousser ses limites. Il a tout donné tant qu’il était sur le terrain.
Camavinga a joué un rôle important sur l’action du but. Comment avez-vous pensé ce changement ?
Camavinga, comme tous les autres, est un titulaire potentiel. Tous s’entraînent pour jouer. Ensuite, c’est à l’entraîneur de décider. Il y a des moments où il faut faire des changements. Certains entraîneurs regardent leur banc avec inquiétude parce qu’ils n’ont pas de solutions ou ne parviennent pas à faire entrer des joueurs capables d’appliquer leurs idées. Moi, j’ai un banc très fourni. Camavinga avait réalisé un match extraordinaire contre Leipzig, mais aujourd’hui, il était sur le banc.
Flick a fait entrer De Jong, qui a énormément de puissance dans les jambes, alors que Bernardo travaillait depuis longtemps face à Pedri. À ce moment-là, il nous fallait des jambes pour continuer à suivre les adversaires, maintenir le marquage et partir en contre-attaque. J’ai expliqué à Cama que Tchouaméni devait rester à son poste, compte tenu de ses caractéristiques et du carton jaune qu’il avait reçu. Lui devait attaquer les espaces.
C’est difficile contre le FC Barcelone, car on se retrouve souvent hors jeu ou face à un gardien avancé. Mais lorsque l’appel vient de la deuxième ligne, comme l’a fait Camavinga, c’est plus compliqué pour l’adversaire. Tout s’est bien passé.
Est-ce votre meilleur match depuis votre retour au Real Madrid, compte tenu du niveau de l’adversaire ?
C’était notre match le plus difficile, face à l’adversaire le plus fort, une équipe qui n’avait jusque-là perdu aucun match de Liga. Pour nous, c’est la victoire qui s’accompagne de notre prestation la plus aboutie.
Comment le groupe a-t-il évolué depuis la défaite contre l’Atlético jusqu’à cette victoire face au Barça ?
Il faut reconnaître que nous avons beaucoup progressé lors des derniers matchs. Je ne vais pas le cacher. Concernant nos deux victoires précédentes, je ne veux pas revenir sur celle contre l’Atlético, mais face au Betis, nous avons eu davantage d’occasions à l’extérieur que lors de n’importe quel autre match. Nous avons beaucoup manqué, et le but d'Espi a été annulé pour quelques millimètres. Nous n’avons pas été catastrophiques. Le groupe va bien. Il y a une énorme complicité entre les joueurs. Ceux qui sont en dehors du terrain soutiennent ceux qui sont sur le terrain. C’est un groupe agréable avec lequel travailler. Et un groupe devient encore plus beau lorsque ses membres se serrent les coudes dans les moments difficiles.
Après notre défaite contre l’Atlético, dès le lendemain, il fallait oublier la manière dont nous avions perdu. Rester calmes et continuer. C’est tout. On passe au match suivant. C’est une grande victoire, mais lorsque nous reprendrons le travail, je ne laisserai pas les joueurs avoir la tête dans les nuages. Si nous gagnons aujourd’hui et que nous perdons à El Sardinero, tout cela n’aura plus la même valeur. Le Real Madrid ne joue pas uniquement pour gagner au Camp Nou, mais pour remporter le championnat. Nous devons continuer à avancer.
Comment avez-vous trouvé Cucurella face à Yamal, et le soutien de Diomandé ?
Nous avons deux latéraux gauches de très haut niveau, ce qui me permet de les faire souffler un peu. Carreras a joué mercredi, ce qui a permis à Cucu d'arriver frais et concentré, avec uniquement ce match en tête. Évidemment, il affrontait un grand joueur, mais c’est aussi son coéquipier et il le connaît bien. Je dis toujours que je ne mesure vraiment la qualité des joueurs que lorsque je les vois devant moi, depuis la ligne de touche. À la télévision, il me manque certaines choses. C’est quand ils sont à dix mètres de moi que je comprends réellement leur niveau.
Lamine est très fort, mais il est aussi intelligent. Il a tout tenté pour pousser Cucu à prendre un carton jaune. Mais notre joueur a bien résisté, avec l’aide de Diomandé, qui a très rarement laissé Espart ou Cancelo se retrouver en situation de supériorité numérique. C’est un gros travail collectif. Mais Cucu a vraiment été très bon face à un joueur de grande qualité.
Vous expliquiez hier que les joueurs récoltent les louanges dans la victoire, tandis que l’entraîneur est tenu responsable des défaites. Cette fois, le mérite est-il partagé ?
Non, non. Aux joueurs. C’est notre vie, celle des entraîneurs. C’est pour cette raison que des entraîneurs perdent leur emploi semaine après semaine. Mais c’est comme ça. Et dans ce cas précis, je suis extrêmement heureux que ce soit ainsi. Les joueurs le méritent. Ils le méritent vraiment. Il est beaucoup plus difficile d’être sur le terrain et de jouer que d’être sur le banc et de prendre des décisions. Je suis très, très heureux pour eux. Pour tous. Même pour Asencio, qui a été opéré il y a une semaine et qui voulait absolument venir aujourd’hui, être ici et rester aux côtés de ses coéquipiers sur le banc.
Qu’avez-vous appris de votre groupe au cours des deux dernières semaines, depuis le match contre la Roma, notamment dans vos choix au milieu de terrain ?
J’ai appris que j’avais un groupe extraordinaire, avec des joueurs qui possèdent tous la qualité et la mentalité nécessaires pour jouer. J’ai compris qu’au milieu de terrain, associer des profils différents nous apporte davantage que d’aligner deux joueurs aux caractéristiques similaires. Ça signifie que je n’utiliserai pas le double pivot Bernardo-Güler. Ou alors uniquement dans des situations désespérées. Quant au double pivot que nous avions en fin de match aujourd’hui, avec Camavinga et Tchouaméni, il sera lui aussi réservé à des circonstances particulières. Cette combinaison me plaît. Je pense que les joueurs offensifs apprécient également ce mélange de profils, car il nous apporte de l’équilibre défensif et davantage de qualité dans la construction depuis notre propre moitié de terrain.









