Raúl Gonzalez, l’ange du Real Madrid

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À l’occasion de notre tournoi des légendes du Real Madrid sur nos réseaux sociaux, focus sur Raúl González Blanco, l'une des plus grandes légendes du club.

Au contraire de la plus jeune génération de supporters du Real bercée par les exploits de Cristiano Ronaldo, les plus anciens madridistas vous sortiront instinctivement, tous sans exception, le nom de Raúl González Blanco à la vue du numéro 7 au dos de la tunique blanche du Real Madrid. L'idée n'est évidemment pas de nuancer la légende du grand CR7, bien au contraire, mais plutôt de mesurer l'impact qu'a eu le joueur espagnol sur ceux qui ont eu la chance de le voir évoluer durant toute sa carrière.

Tout a commencé chez l'ennemi colchoneros pourtant pour Raúl. Il démarre sa formation en 1988 au club de San Cristóbal de los Ángeles en mentant sur son âge pour intégrer l'équipe et jouer. Il portait des lunettes pour paraître plus âgé et se faisait appeler Dani sur le terrain. Et "Dani" était initialement droitier mais une blessure survenue à l'âge de 11 ans l'a obligé à travailler son pied gauche et ses habitudes de jeu. Puis en 1990, il rejoint l'Atletico de Madrid travaille en étroite collaboration avec son précédent club. Toute sa famille est heureuse, car oui, tous sont des supporters du club "populaire" de la capitale espagnole. Lui y compris d'ailleurs. Le niveau du gamin de 13 ans frôle l'indécence, il claque but sur but mais l'Atletico ne va pas pouvoir le conserver bien longtemps en raison de soucis économiques.

C'est en 1992 que le Real Madrid saute sur l'opportunité et c'est le début d'une histoire qui va perdurer 18 années consécutives. Le jeune espagnol continue ses prouesses à tel point que Jorge Valdano l'incorpore à l'équipe première dès 1994, à l'âge de 17 ans. Il fait ses débuts le 29 octobre sur la pelouse de Saragosse, délivre une passe décisive, manque des occasions franches mais son baptême de feu aura lieu le week-end suivant, à Santiago Bernabeu contre... L'Atletico de Madrid. Le Real l'emporte et Raúl marque le but du 3-2, son premier en professionnel avec la maison blanche. Une splendide frappe pied gauche qui va se loger en pleine lucarne. Il est toujours mineur, ce n'est que son deuxième match avec l'équipe première du Real Madrid mais il plante déjà. Et avec le numéro 7 au dos du maillot.

Il jouera un dernier match avec le Real Madrid C en novembre, et ce sera son dernier. Raúl est appelé à jouer au plus haut niveau et il ne quittera plus jamais l'équipe première. Il marque 10 buts pour sa première saison (31 matchs) puis marque entre 25 et 30 buts par saison lors des années suivantes. Sans oublier les passes décisives. Raúl n'était pas qu'un bon buteur et il avait la capacité d'évoluer un peu plus bas sur le terrain. Il a délivré plus de 100 passes décisives sous les couleurs du Real Madrid. Durant la saison 1999-2000, il marque 29 buts et fait 15 passes décisives. Il est nommé meilleur attaquant de l'année par l'UEFA cette année-là, comme en 2000-01 puis 2001-02. Il ne termine que deuxième au Ballon d'Or en 2001, derrière Owen, mais le joueur du Real Madrid, alors au sommet de son art, méritait sans doute mieux.

Outre sa remarquable adresse devant les buts, son altruisme aura marqué les esprits. La grande force de l’Espagnol résidait dans le fait qu’il donnait l’impression de tout voir et tout comprendre avant tout le monde sur le terrain, son sens du placement était sans faille. Il aimait surgir dans le dos des défenseurs, s’avérait complet et doté d’un fort tempérament de gagneur, ce qui en faisait un capitaine exemplaire.

Connu pour son engagement et sa dévotion envers le maillot, il n’économisait pas ses efforts, jamais. Il n’était ainsi pas rare de le voir en défense pour aider ses coéquipiers et le voir concrétiser l'action suivante. Sa régularité, sa vision de jeu, sa technique, et son sens de l’anticipation ont fait de lui un joueur exceptionnel. Raúl n'était jamais blessé et a manqué très peu de matchs durant toute sa carrière madrilène. Il n'a jamais été expulsé pendant un match, preuve de son fair-play et de son humilité.

Avec le Real Madrid, l'Espagnol a battu quasiment tous les records de précocité, mais pas uniquement. Il est toujours le joueur le plus capé de l'histoire du club (741 matchs) et est le deuxième meilleur buteur du club (323 buts). Le troisième meilleur buteur de l'histoire de la Ligue des Champions (71 buts) et plus encore. Il a soulevé 16 trophées avec la maison blanche dont 3 C1 et 6 Ligas, mais "l'ange de Madrid" a incarné le madridismo mieux que quiconque et il est sans doute là son plus bel héritage. Nous n'avons plus qu'à attendre que le Raúl Madrid renaît de ses cendres lorsque son susnommé capitaine s'installera sur le banc de l'équipe.

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