Ricardo La Volpe, l’homme qui va refuser de serrer la main de Zidane

Le Real Madrid affrontera demain le Club America en demi-finale du Mondial des clubs au Japon. L'équipe mexicaine, invaincue depuis onze matchs, est entraînée depuis la fin septembre par Ricardo La Volpe, un coach très spécial...

Zinédine Zidane a dû en voir passer. Des fous, des sanguins, des excentriques. Ce jeudi, dans le stade Yokohama au Japon, il en croisera un autre. Un homme extravagant et mystérieux : c'est en tout cas la réputation qui colle à Ricardo La Volpe. Le coach du Club América, qui s'apprête à défier le grand Real Madrid, préfère prévenir avant coup : demain il ne se pliera pas, comme il l'a toujours fait, au protocole traditionnel d'avant-match : "J’ai peur que nous soyons maudits si je serre la main de Zidane, a-t-il expliqué en conférence de presse. Et puis saluer l’entraîneur adverse avant le match, ça fait combien de temps qu’ils font ça en Europe ?"

Rites, caresses et sorcière

L'homme à la moustache se fout donc radicalement des conventions. La Volpe est guidé par sa superstition qui l'a rongé jusqu'à griller les règles classiques de politesse ou de fair-play. Les rituels saugrenus font d'ailleurs partie intégrante de son coaching. Alors entraineur d'Atlante, il demande solennellement à ses joueurs de caresser les testicules de la statue de Rossinante à Torreón au Mexique, par simple superstition. En 2002, il sollicite Caty Camacho, une spécialiste du Feng Shui, pour qu'elle intègre le staff de la sélection mexicaine qu'il coache à l'époque. Les médias locaux parle d'elle comme d'une "sorcière" aux méthodes étranges. Elle préconise par exemple aux joueurs d'aboyer pour expulser les mauvaises ondes. Elle a même suggéré à La Volpe de ne pas sélectionner Cuauhtémoc Blanco car "il n'envoie pas de bonnes ondes". Le joueur n'a plus jamais été retenu dans la liste du Mexicain.

Caty Camacho et Ricardo La Volpe

Papa de Pep

Le dernier titre remporté par La Volpe commence à prendre la poussière. Le vétéran de 64 ans est champion de Mexique en 1993 avec l'Altante et vainqueur de la pas très glamour Gold Cup, six ans plus tard, avec la sélection nationale. Depuis, plus rien. L'entraineur peut malgré tout se vanter d'avoir été l'un des grands influenceurs de Pep Guardiola. Il le dit lui-même : "Au Mexique, je me suis notamment inspiré de la relance à trois de La Volpe"Les tactiques rusées du Mexicain se sont donc importées jusqu'en Europe et ont fait les plus belles heures du FC Barcelone. Ses superstitions, elles, font encore rire les plus sceptiques. Tant pis pour eux. De toute façon, La Volpe ne leur serrera pas la main. 

Nina Aïssaoui
@ninaaissaoui

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