Alfredo Di Stefano, le premier galactique du Real Madrid

À l’occasion de notre tournoi des légendes du Real Madrid sur nos réseaux sociaux, focus sur Alfredo Di Stefano, l’une des plus grandes légendes du club.

Il est considéré comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire pour beaucoup, la plus grande légende du Real Madrid. Alfredo Di Stefano est un mythe du ballon rond. Il est indéniablement celui qui a le plus pesé sur l’histoire du club, l’élément qui a permis au Real Madrid de s’élever, dès l’apparition de la Coupe d’Europe, plus haut que tout le monde. Et de manière très, très nette.

Le Real Madrid des années 50 était composée d’une pléiade de joueurs, à l’instar de la dernière génération qui a remporté les trois Ligues des Champions consécutives, mais celle-ci était emmenée par Di Stefano. Il en était son meilleur joueur, son leader. C’était l’équipe de Di Stefano. C’est lui qui a fait venir Héctor Rial et a insisté auprès de Santiago Bernabéu pour conserver Gento, le si légendaire Paco Gento.

Tout a commencé dans son Argentine natale, à River Plate. Il évolue sous le maillot argentin mais s’envole subitement pour la Colombie en raison d’une grève des footballeurs. Il prend donc la fuite et s’engage avec les Millonarios de Bogota, multipliant au passage son salaire par 10. Di Stefano émoustille toute l’Europe et deux clubs européens vont se livrer bataille pour lui en 1953 : le Real Madrid et le FC Barcelone.

En 1953, il évolue toujours sous les couleurs des Millonarios de Bogota mais il a été convenu qu’il reviendrait à River Plate en 1955 à l’issue de son contrat, après son « exil ». Le Barça prend alors une sérieuse option sur le joueur en trouvant un accord avec son club formateur. Di Stefano sera donc un joueur du FC Barcelone à compter de la saison 1955-56. C’est fait. Sauf que le Real Madrid n’a pas dit son dernier mot.

De son côté, le Real Madrid négocie directement avec les Millonarios, club avec lequel Di Stefano est toujours sous contrat, et pour deux saisons encore. Le club de Santiago Bernabeu surenchéri et rachète ses deux années de contrat, ce qui signifie que les deux clubs rivaux ont une option sur le joueur. Il y a conflit, et le président du Barça, fou furieux, souhaite revendre ses droits sur le joueur (à partir de 1955) à la Juventus qui refuse de négocier sans l’accord de la FIFA. La situation n’est pas très nette et un médiateur de la fédération espagnole coupe la poire en deux : Di Stefano jouera au Real de 1953 à 1955 puis il jouera au Barça de 1955 à 1957. Ensuite, les deux clubs devront trouver un accord. Tout le monde valide l’idée, mais le FC Barcelone, en pleine crise interne à cause de cette histoire, revend finalement ses droits au Real Madrid. Le club catalan affirmera plus tard qu’il a été victime de pression exercée par le gouvernement de Franco.

Dès la première saison de Di Stefano sous la tunique blanche, le Real Madrid soulève la Liga et met un terme à 21 années de disette. En 1956, le club madrilène remporte le première coupe d’Europe, notamment grâce à l’Argentin auteur d’un but face au Reims de Raymond Kopa (4-3) lors de la finale. Il score à nouveau lors de la finale de 1957 face à Fiorentina (2-0) puis encore en 1958 face au Milan AC (3-2), puis encore en 1959 face au Stade de Reims (2-0). Enfin, Di Stefano marque un triplé en 1960 lors de la victoire écrasante du Real Madrid contre Franckfurt (7-3). En résumé, la Flèche blonde [ndlr : l’un de ses surnoms] a marqué sept buts en cinq finales de Coupe d’Europe. Les cinq premières C1 de l’histoire. C’est le meilleur joueur du monde et il soulève deux Ballons d’Or : en 1957 et en 1959.

Di Stefano a la reconnaissance des meilleurs. Selon Maradona, « le meilleur de l’histoire était Di Stefano. Il était supérieur à tout le monde – même moi », a confessé l’autre légende argentine. Et si Pelé pense toujours être le roi du foot, il a également fait les louanges du merengue : « Alfredo Di Stéfano était la plus complète des stars argentines, il était plus complet que Maradona et Messi. Des joueurs comme Di Stéfano ou moi-même ne sont pas aussi bien connus, car il y a beaucoup moins d’enregistrements de nos performances », déclarait-il en 2016.

En onze années sous les couleurs du Real, l’emblématique numéro 9 a soulevé seize trophées dont 5 coupes d’Europe et 8 Ligas. Il a marqué 308 buts en 396 apparitions ce qui lui a aussi permis de décrocher 5 prix du pichichi. Après sa carrière, il a entraîné de nombreux clubs et a fait deux petits passages à Madrid. C’est sous son impulsion que la Quinta del Buitre a notamment vu le jour, avant qu’Amancio ne prenne la relève.

En 2000 et jusqu’à sa mort en 2014, Alfredo Di Stefano fut le président d’honneur du Real Madrid. Il a laissé un immense héritage à la maison blanche. De prestigieux trophées, oui, mais il est aussi le symbole de ce Real Madrid qui gagne, encore et toujours. Car comme il le disait si bien : « Les finales ne se jouent pas, elles se gagnent ».

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