Ferenc Puskás, un trentenaire d’exception

À l’occasion de notre tournoi des légendes du Real Madrid sur nos réseaux sociaux, focus sur Ferenc Puskas, qui entrera en compétition dimanche soir (22h00).

Il faut remonter le temps de plus d’un demi-siècle pour se remémorer aux bons souvenirs de Ferenc Puskás, joueur bien particulier qui a marqué l’histoire du football et du Real Madrid. Cet ancien international hongrois, naturalisé espagnol par la suite, a évolué sous les couleurs de la maison blanche entre 1958 et 1966. Il avait 31 ans à son arrivée et 40 à son départ à la retraite. Un parcours hautement improbable quand on pense à la politique du club aujourd’hui.

L’histoire de Puskás est atypique. En 1956, il profite d’un déplacement à Bilbao (pour un match de C1) avec son club de Budapest Honved pour quitter la Hongrie qui fait face à une importance crise politique. Il fuit en Autriche et tente de survivre tant bien que mal dans un camp de réfugiés. Durant les 15 mois qui suivent, le football ne fait plus partie de sa vie et sa carrière semble derrière lui. Jusque là, il n’avait porté le maillot que d’un seul club avec qui il a inscrit 383 buts… en 371 matchs officiels.

L’ancien international hongrois a pris plus de 15 kilos, il a 31 ans et plus personne ne croit en lui. Sauf le Real Madrid, à la surprise générale. Il est recruté en 1958 et vient compléter une équipe déjà composée de Di Stefano, Gento, Kopa et autres. Les Merengues ont remporté les trois premières C1 de l’histoire sans lui. Mais Puskas n’est pas venu pour plaisanter. Il perd, en quelques semaines seulement, l’intégralité de ses kilos en trop et va très rapidement faire taire les critiques.

Malgré la barrière de la langue, il marque 23 buts en 29 matchs dès sa première saison mais manque la finale de Coupe d’Europe à Stuttgart car le gouvernement allemand refuse de lui accorder un visa. En effet, ce dernier a, quelques années plus tôt lors de la finale du Mondial 1954, accusé publiquement les Allemands de s’être dopés. On apprendra bien des années plus tard qu’effectivement, ces derniers avaient été dopés à la pervitine, plus communément appelée la drogue du soldat, durant le tournoi.

Dès la saison suivante, Puskás hausse son niveau et le club enchaîne. Le Real Madrid inflige à Francfort, devant quasiment 130 000 spectateurs, la plus lourde défaite de l’histoire en finale de Coupe d’Europe (7-3). Alfredo Di Stefano plante un triplé… mais il est éclipsé par un Hongrois qui a marqué un but de plus que lui. Quelques années plus tard, en 1962, le Real s’incline face à Benfica (5-3) lors d’une nouvelle finale de C1 malgré le triplé de Puskás.

Finalement, le Hongrois a raccroché les crampons à 40 ans sous la tunique blanche avec laquelle il a remporté 10 trophées dont 3 coupes d’Europe et 5 Ligas. Il a aussi gagné à quatre reprise le prix du Pichichi et à, au total, marqué 242 buts avec le Real Madrid en seulement 261 matchs. Il a fait tremblé les filets à plus de 700 reprises au cours de sa carrière.

Touché par la maladie d’Alzheimer, il est décédé en 2006 mais Puskás a marqué l’histoire de son sport et le prix du plus beau but de l’année porte depuis son nom. Avec 84 buts au compteur, il est aussi le troisième meilleur buteur de l’histoire en sélection.

Articles liés