Illa illa illa, Juanito maravilla

À l’occasion de notre tournoi des légendes du Real Madrid sur nos réseaux sociaux, focus sur Juanito, qui entrera en compétition ce mercredi soir (22h00).

Juan Gomez Gonzalez, plus souvent connu sous le nom de Juanito, est un joueur des années 1970-80 qui occupe une place très particulière dans l’histoire du Real Madrid. Aujourd’hui encore, son nom raisonne continuellement au Santiago Bernabeu, à la 7e minute de jeu en référence à son numéro de maillot, comme s’il était toujours présent. Lui est tragiquement décédé à 37 ans dans un accident de voiture, mais son esprit, l’esprit Juanito, accompagne toujours les Merengues.

Pourtant, tout n’était pas gagné pour Juanito, dont le tempérament volcanique a failli lui coûter sa carrière. En mai 1976, Santiago Bernabeu recherche un joueur qui fera lever les foules pour remplacer Amancio, sur le départ. Et c’est Lucien Muller, ancien joueur du Real et ex-entraîneur de Burgos (club de Juanito), qui convainc le président madrilène : « Don Santiago, je le connais, j’ai travaillé avec lui, c’est un garçon noble », lui dit notamment le Français. Bien que moyennement emballé, car Juanito est un garçon ingérable qui s’est fait virer de l’Atletico quelques années plus tôt, Bernabeu réalise le transfert.

Finalement, Muller avait raison. Mais Santiago Bernabeu aussi. Juanito est performant sur le terrain mais ses coups de sang, aussi bien sur qu’en dehors du terrain, posent problème. À peine un an après son arrivée, il prend 14 mois de suspension pour avoir agressé un arbitre. Ce fut ainsi durant toute sa carrière et durant les dix années qu’il a passées sous le maillot blanc.« Tout le mal qu’a fait Juanito dans sa vie tient en une minute », résumait Jorge Valdano. Une seule minute, certes, mais les excès de Juanito n’étaient pas minimes : coup de tête à un juge de ligne, crachat sur un adversaire, essuyage de crampons sur la tête d’un adversaire…

Durant son passage à Madrid, le Real lui a infligé plusieurs lourdes amendes à cause de déclarations déplacées envers Amancio (son entraîneur), de virées dans les rues de Milan ou encore pour participation à une corrida. Mais c’est le dernier évènement en date, l’essuyage de crampons sur la tête de Lothar Matthäus en 1988, qui a précipité son départ du Real et sa fin de carrière. Ce soir-là, il plombe son équipe, double tenante du titre de la Coupe UEFA, dès le match aller. Lourde défaite et pas de remontada au retour.

Malgré tout ça, il est adoré par les supporters madrilènes qui réussissent à lui pardonner ses excès. Le numéro 7 espagnol était talentueux en plus d’avoir un fort caractère. Il ne joue que pour la victoire et transmet son esprit de guerrier à toute son équipe. On a perdu à l’aller ? Ce n’est pas grave car « 90 minutes au Bernabeu, c’est très long ». La première remontada intervient en 1980 face au Celtic Glasgow mais la plus mythique est celle de 1885 contre Monchengladbach (défaite 5-1 au match aller).

En 2012, Santillana, qui a formé avec lui un magnifique duo, disait de Juanito qu’il aurait pu sans problème jouer à notre époque. Et c’est vrai, si on oublie ses déboires bien entendu. Il était un ailier rapide, très vif et habile balle au pied. Un artiste qui faisait lever le Bernabeu. En 10 saisons sous le maillot blanc, il a remporté 10 titres, dont 5 Ligas. Il a également inscrit 121 buts en 401 matchs officiels. Mais le plus bel héritage que Juanito a laissé au Real Madrid, c’est un esprit de combattant qu’on ne cesse d’invoquer dès lors que l’équipe doit remonter un score.

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