Paco Gento, ou le plus grand gagnant de l’histoire du Real Madrid

À l’occasion de notre tournoi des légendes du Real Madrid sur nos réseaux sociaux, focus sur Paco Gento, qui entrera en compétition lundi soir (22h00). 

Tout a commencé au nord de l’Espagne, dans un petit village de la province de Cantabria, pour Francisco « Paco » Gento. Cet espagnol né dans les années 1930 a pratiqué le football et l’athlétisme durant sa jeunesse, sport dans lequel il était également très performant en raison de ses aptitudes athlétiques. Mais à 14 ans, Paco quitte prématurément l’école pour subvenir aux besoins de sa famille. Il persiste toutefois dans le football en parallèle et ça va payer puisqu’il va taper dans l’oeil du Racing Santander.

Cinq années plus tard, en 1952, il dispute sa première saison en première division espagnole. Rapidement, après tout juste 10 matchs, il est repéré par le Real Madrid qui le recrute l’année suivante. Il vit des débuts plutôt difficiles à Madrid et fait vite face aux critiques d’un public madrilène déjà très exigeant. Il est (très) rapide mais manque de technique. En 2020, on aurait dit du Gento de 20 ans qu’il n’était qu’un « tout droit ». On parle même déjà d’un départ mais un certain Di Stefano s’y oppose. Il est contre l’avis de Santiago Bernabeu et le convainc de laisser plus de temps à sa nouvelle recrue. Et puis ça tombe bien, le Real vient de recruter José Hector Rial (sous recommandation de Di Stefano) et ce dernier va se muer en véritable professeur pour Gento. Rial, c’est le quatrième fantastique de l’époque aux côtés de Di Stefano, Gento et Kopa. Un artiste balle au pied. Un joueur techniquement au-dessus de la moyenne.

De manière assez spectaculaire, le jeune Paco fait évoluer son jeu. Il est un poison pour les défenseurs adverses. Sur son côté gauche, l’ailier madrilène est incontrôlable : c’est un bon dribbleur, il a une patte gauche soyeuse mais il est surtout extrêmement rapide ! Il pouvait courir le 100 mètres en environ 11 secondes : « Parfois j’étais désolé pour les défenseurs qui me prenaient au marquage. J’avais pour habitude de dire que c’était facile pour moi. Je n’ai jamais eu l’impression de faire un mauvais match », disait-il. Et c’est assez vrai, Gento a fait preuve d’une grande régularité tout au long de sa carrière.

Durant l’énorme domination du Real Madrid en Europe, entre 1956 et 1960, Paco Gento va avoir un rôle clé, notamment lors des finales. Il délivre une passe décisive sur le but décisif de Rial, synonyme de victoire face au Stade de Reims (4-3) lors de la première édition et il marque un but l’année suivante contre la Fiorentina (2-0). Il marque le but victorieux (3-2, après prolongations) contre le Milan AC en 1958, puis il délivre une nouvelle passe décisive (et contribue à deux autres buts) lors du tonitruant succès du Real face à Francfort en 1960 (7-3). Mais Paco Gento va réussir à faire mieux que le reste de cette génération de dégénérés.

En effet, le légendaire numéro 11 va continuer à porter la tunique merengue durant toutes les années 1960 tandis que la troupe d’Alfredo Di Stefano laisse progressivement sa place à un nouveau collectif : c’est le début du Real Madrid « Yé-Yé » dont l’Espagnol en est le capitaine. La Casa Blanca de Gento, et non plus de Di Stefano, va remporter 8 Ligas durant cette décennie, dont un doublé coupe – championnat qui propulse l’Espagnol au statut qu’on lui connaît.

En 1966, bien qu’il ne soit naturellement plus au sommet de son art à 33 ans, le précieux Paco Gento remporte sa sixième C1 avec le Real Madrid. Sa première en tant que capitaine. C’est un record absolu qui tient toujours, comme celui du nombre de Ligas qu’il a remportés, à savoir 12. Oui, douze. Il a disputé 600 matchs sous la tunique blanche en 18 saisons, inscrivant au passage la bagatelle de 182 buts.

Après sa retraite sportive, intervenue en 1971, il s’est lancé dans une petite carrière d’entraîneur en exerçant principalement au sein des catégories inférieures du Real. Comme à nouveau un symbole, il a pris la relève de Di Stefano depuis 2016 en tant que président d’honneur de l’entité madrilène. Un juste titre pour l’homme aux 23 trophées avec son club.

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