Grosse désillusion pour José Mourinho, qui prend une sacrée claque pour son premier derby de la saison après son retour sur le banc du Real Madrid.
Défaite 2-1 auMetropolitano, mais surtout, le score ne reflète en rien combien les Merengues ont subi de bout en bout sur la pelouse des Colchoneros ce dimanche. Après la rencontre, Mourinho s'est exprimé auprès des médias.
Que retenez-vous de l’arbitrage de ce soir ?
Oui… On aurait pu éviter cette conférence de presse parce que l’histoire du match est là. (il montre les photos, imprimées, des interventions de Baena et Kang-in Lee). Ce sont deux cartons rouges évidents. Les difficultés qu’on a eues ensuite à onze contre dix, on peut imaginer ce que ça aurait été pendant 50 minutes à onze contre neuf. Je dois donc me contenter de prendre mes joueurs dans mes bras, parce qu’ils ont tout donné. Ils ont fait une première période de très haut niveau, avec beaucoup de personnalité. Et le match pouvait parfaitement être gagné en deuxième période.
Après, ceux qui doivent être heureux… évidemment, ce sont les gens de l’Atlético, qui ont pris les trois points, mais aussi le Comité de désignation des arbitres, parce que tout a été très étrange. La première chose, c’est qu’une semaine avant, on savait déjà qui serait l’arbitre, alors que, d’après ce qu’on me dit, ça se sait 24 heures avant. Et là, une semaine avant, on le savait déjà. Ensuite, on met un arbitre qui, à 41 ans, n’a jamais eu la moindre expérience internationale… Ce n’est quand même pas parce que c’est un grand arbitre.
Le pauvre est arrivé ici et n’a pas supporté la pression. Une pression que j’appelle celle des années 80 et qu’on voit très peu aujourd’hui. Et ensuite, il y a M. Trujillo, qui était à la VAR. Il l’a appelé pour le premier rouge et je pense qu’il ne l’a pas appelé pour le deuxième, qui est encore plus évident que le premier.
Ce M. Trujillo a une histoire très complète comme arbitre VAR lors des matchs du Real Madrid. Rien que la saison dernière, la Real Sociedad en Coupe, Osasuna, Gérone… C’est un VAR qui a beaucoup d’histoire. Et si le pauvre arbitre… on peut dire qu’il manque d’expérience et qu’il n’a pas la dimension pour venir arbitrer un derby… Pour ce monsieur-là, il n’y a pas de pression. Parce que là-bas, à Las Rozas, il n’y a pas de pression. Ou alors il y en a et nous ne le savons pas.
J’aurais vraiment aimé repartir d’ici… évidemment avec la victoire, mais même en perdant, j’aurais aimé repartir sans avoir à parler. Je suis ici depuis trois mois et je pense que vous avez déjà compris que je ne suis pas vraiment dans cette direction. Mais… deux rouges contre Elche, même si on a gagné après. Deux rouges aujourd’hui… (il soupire)… ça devient un peu plus compliqué. Cette combinaison, un pauvre arbitre qui n’a dirigé que de petits matchs et M. VAR, qui a une grande histoire… Eh bien… félicitations au Comité de désignation des arbitres.
L’expulsion de Huijsen, comment avez-vous vécu la décision depuis votre banc ?
L’expulsion de Huijsen, je vous avoue que je ne l’ai pas encore revue à la VAR… Pardon, sur l’iPad. Je ne l’ai pas encore vue. Et c’était très loin pour pouvoir juger. Je ne sais pas. Certains me disent dans le vestiaire que la faute commence en dehors de la surface. Et si c’est le cas, ça doit être faute, expulsion et 0-0. Si c’est à l’intérieur, c’est penalty et, s’il y a une volonté évidente de tirer sur le maillot, alors oui, ce serait une expulsion.
Mais tout ça, c’est la deuxième période. En première période, on parle d’un derby à onze contre neuf. La deuxième, c’était onze contre dix et on a vu les difficultés. Les joueurs ont dû donner tout ce qu’ils avaient pour pouvoir rivaliser. Alors imaginez à onze contre neuf. Il n’y a pas de miracle dans le football. À onze contre neuf… on peut imaginer comment ça se serait terminé. Mais honnêtement, celle de Dean, je ne l’ai pas vue. Pas encore.
Le Barça prend 6 points d’avance et l’Atletico passe devant vous...
Évidemment qu’on veut être premiers, pas deuxièmes, troisièmes, quatrièmes ou cinquièmes. On veut avoir plus de points. Évidemment. Mais, dans des conditions normales — et ce n’est pas comme ça que ça commence, c’est comme ça que ça se termine —, dans des conditions normales, on parle de la fin septembre, alors qu’il reste encore tellement de matchs à jouer…
"Je pensais trouver une Liga différente de celle que j’avais quittée"
Mais… et je n’aimerais pas aller sur ce terrain, parce que j’en ai déjà trop parlé et je ne veux pas en rajouter. Mais les choses qu’on a vues ces dernières semaines… ici dans ce stade… le but annulé à Osasuna, c’est à mourir de rire. Le penalty à Saint-Sébastien, c’est à mourir de rire. Le penalty du Barça, c’est à mourir de rire. La non-expulsion contre l’Athletic Bilbao avec ce monsieur qui a été très sympathique (il montre derrière lui), avec un garçon qui est un grand joueur… Ce sont des choses qui s’accumulent.
Je pensais trouver une Liga différente de celle que j’avais quittée. On m’a dit que non et on m’a expliqué pourquoi elle n’était pas différente de celle que j’avais quittée il y a des années. Mais on va continuer. On va se battre.
Maintenant, les garçons repartent tristes, évidemment, mais avec l’étreinte de leur entraîneur, parce que je respecte énormément ce qu’ils ressentent sur le terrain. Je respecte beaucoup le fait que ce n’est pas facile d’être sur le terrain comme ils l’ont été. Si on repense à Elche, aux deux expulsions contre Elche… Non, mais dès la première minute, le jaune pour Diomandé… Ce que nos joueurs ressentent sur le terrain n’est pas normal.
Mais j’ai aimé mon équipe en tant qu’équipe. Beaucoup en première période et, en deuxième… évidemment, c’était très, très, très difficile. Très difficile d’avoir le ballon, d’empêcher une bonne équipe de garder le ballon avec un joueur de plus. Mais j’ai aimé la fierté, la détermination. Et c’est un bon sentiment pour moi. Le fait de ne pas être déçu par mes joueurs, de n’avoir rien à leur reprocher. Dans tout ce qu’il y a de négatif avec ce résultat, c’est quelque chose de positif pour moi.
Après tout ce que vous venez d’évoquer, est-ce que vous pensez que le Real va devoir composer avec une Liga plus compliquée ?
Si on nous laisse tranquilles et qu’on nous laisse jouer dans les mêmes conditions que tout le monde, il reste beaucoup de temps, beaucoup. Je ne veux pas aller jusqu’à dire que tout ça est préparé. Je ne veux pas penser ça. Je veux simplement penser qu’ils se sont trompés, comme un entraîneur ou un joueur peut se tromper. Je veux penser que le Comité des arbitres s’est trompé.
Les pauvres, ils se sont trompés et ils ont mis un arbitre de 41 ans qui n’avait jamais été dans une situation comme celle-ci, et un autre qui a un historique très ridicule contre le Real Madrid. Ils se sont trompés, c’est tout.
Est-ce que, selon vous, le contexte du dossier Negreira joue encore un rôle dans cette Liga ?
Negreira n’est plus là, non ? Ou il est encore là ? Ah, s’il n’est plus là, alors elle n’est pas entachée par Negreira. S’il n’est plus là…









