Tebas : “Perez n’aide pas le football, il le détruit”

Le président de LaLiga Javier Tebas, soutenu par plusieurs présidents de clubs de Primera, est longuement revenu sur ce qui s'est passé ces derniers jours avec la Super League. "Il n'y aura pas de sanctions", a-t-il déclaré.

Les derniers évènements : "Après 25 ans de menace de la Super League, qui a commencé avec le G-14 et la naissance de l'ECA, cette menace est finalement arrivée à un moment réel et en 48 heures a disparu. Vingt ans d'attente pour voir tout cela se dissoudre comme un morceau de sucre. Cette menace va cesser d'exister pour un bon moment après avoir vu la réponse. J'ai du mal à croire que les Britanniques vont retenter de sitôt."

Création secrète : "La partie négative est le message qui a été donné par ces clubs, à savoir qu'ils viennent nous sauver. Si c'était si bon pour le football, ils ne l'auraient pas fait clandestinement. Quand vous faites quelque chose en cachette, c'est parce que vous savez que ce n'est pas bon."

Alternatives : "Le grand problème n'est pas d'augmenter les revenus de ces clubs. Le problème du football est d'avoir plus de contrôle sur les dépenses que sur les recettes. Ma position sera toujours la répartition des richesses et la rationalisation des dépenses."

Dialogue avec le Real, le Barça et l'Atlético : "Il y a toujours eu lieu jusqu'à vendredi dernier, lors de la réunion de l'ECA qui a débouché sur le vote en faveur de la réforme de la Ligue des champions, y compris de la part de certains des clubs de Super League. Soudain, le dimanche soir, sort l’annonce de la Super League. Dialoguer, ce n'est pas leur donner ce qu'ils demandent, mais en parler dans les institutions et il y avait déjà un accord. Certains clubs n'étaient pas d'accord avec ce changement et ont fait exploser le système."

Sur Ceferin et les sanctions : "La participation aux compétitions européennes est volontaire. C'est au Real Madrid et au Barça de décider s'ils acceptent de jouer selon les conditions de l'UEFA. Je ne pense pas que Ceferin faisait référence à leur renvoi, principalement parce qu'ils n'ont pas les mécanismes pour le faire. Des clubs ont été sanctionnés par leurs fans. Ils en ont eu assez quand des présidents très importants (Johnson, Macron…) se sont prononcés contre. La sanction en termes de réputation est déjà là. Nous, à LaLiga, nous n'allons pas appliquer de mesures de sanction. En tout état de cause, avant d'envisager des sanctions, nous devons réfléchir à des mesures de protection pour l'avenir afin que de telles choses ne se reproduisent pas."

Prochaine étape : "Je ne sais pas s'il y a déjà une bi-Super League ou une tri-Super League. Le projet n'est plus réel. Les Anglais ne seront jamais là. Les Allemands ne le seront pas non plus. Ils font une erreur dans la façon dont ils s'y prennent. Il doit y avoir des changements, mais pas comme ça. La Super League est morte. Sans Anglais, Français et Allemands, c'est une bi-Super League.

Sur Paratici et Florentino : Ou bien ils mentent ou bien ils se trompent. Ils n'aident pas le football, ils le détruisent. Je suis surpris qu'un homme d'affaires comme Florentino, de grand niveau, puisse se tromper de la sorte. Le football espagnol ne sera pas ruiné en 2024. Dans la crise, le football espagnol a pris les mesures nécessaires pour s'en sortir du mieux possible. Le football espagnol n'a pas demandé d'aide au gouvernement, il a payé tous ses impôts, les joueurs ont reçu leurs salaires.. Il n'y a pas de catastrophe."

Le soutien d'Infantino : "Les clubs de Super League disent qu'Infantino les a soutenus. J’aimerais que le président de la FIFA dise s'ils ont menti ou non. J'ai des doutes."

Concurrence avec les clubs d'État : "Je pense toujours la même chose des clubs d'État, que ce soit le PSG ou City, et du contrôle économique de l'UEFA. Ils doivent être contrôlés. Je sais qu'ils n'ont rien fait de scandaleux ces dernières années. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas contre la Super League. Al-Khelaïfi est également contre. C'est un homme cohérent car il veut la réforme de la Ligue des champions. Et pourtant je vous assure que je ne suis pas du tout d'accord avec le président du PSG en matière économique."

Les comptes de la Super League : "Les pertes sont dues à la pandémie. Dans le calcul historique, les grands ont fait des bénéfices. Ce n'est pas possible que Florentino utilise cet argument pour dire que Madrid perd de l’argent. Dans l'année Covid, c'est peut-être le cas, mais ce n'est pas une analyse réelle, et la Super League n'est pas là pour contrer l'année Covid, mais pour toujours. C'est une Super League faite sur Powerpoint. Il n'y a pas autant d'argent dans les droits audio-visuels du football pour payer la Super League. Si c’était le cas, ce serait assécher tous les clubs pour qu'ils arrosent ensuite le reste du football au compte-goutte."

Les déclarations de Laporta : "Il y a une semaine, il opinait pour une chose dans la campagne électorale et maintenant pour une autre. Le Barça a plus de problèmes que de défendre une Super League qui est morte. Ses problèmes financiers pour que le club soit compétitif la saison prochaine, par exemple. Il faut en finir avec tout ça, on ne va plus parler de Super League d’ici quelque temps."

Droits télévisés : "En Espagne, un Villarreal-Sevilla est plus attrayant qu'un United-City. Et je dis cela parce que les chiffres sont là. Le Valladolid-Barça programmé un lundi n'a fait que 100.000 spectateurs de moins que le Liverpool-Real Madrid… Ils disent tellement de bêtises que les gens les croient."

Changements à l'UEFA : "Nous sommes en pourparlers avec l'UEFA pour que le contrôle économique européen soit similaire au nôtre. Le système de gouvernance du football doit être remodelé, mais cela ne veut pas dire que je ne suis pas contre la Super League. Les gens de la Super League ne se sont jamais plaints tant que ça n'a pas été mauvais pour eux. Mon poste à l'UEFA n'est pas celui qui me plaît le plus, j'y vais parce que je veux changer les choses."

Recrues galactiques impossibles selon Perez : "Si le Real Madrid ne peut vraiment pas les faire, ce dont ils ont besoin c’est de revenus, alors ils détruisent tout le système pyramidal. Pour que le Real puisse continuer à rivaliser au niveau des recrutements, il est important que le PSG et City soient contrôlés économiquement, et c'est ce sur quoi je travaille depuis des années, mais pas avec une Super League."

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