[Exclu Real France] Interview Raphaël Varane

Varane

En pleine préparation pour le Mondial avec l’Équipe de France, Raphaël Varane nous a reçus à Clairefontaine pour faire le bilan de sa saison et évoquer son actualité. 

Tu es devenu le deuxième plus jeune joueur de l’Histoire à remporter quatre Ligues des Champions. Est-ce que tu réalises ou est-ce encore trop frais ?

Oui et non. Non parce que c’est assez difficile de réaliser, c’est extraordinaire. Et oui parce que je sais à quel point c’est difficile de remporter la Ligue des Champions. Dans le groupe des vingt-trois (de l’Equipe de France) je suis le seul à l’avoir gagnée, c’est aussi une façon de réaliser ce que c’est. Et quand on repense à quand on était petit, à ce que ça représentait… c’est quelque chose d’assez fou. C’est magnifique, mais je pense que je réaliserai vraiment quand ce sera fini.

Comment expliques-tu une si grande différence entre la saison du Real Madrid en Liga et celle en LDC ?

C’est difficile à expliquer… Je pense qu’en Ligue des Champions on a mis les ingrédients pour remporter chaque match. On a perdu à Tottenham, mais l’état d’esprit était toujours très bon. On a réussi à persévérer et à trouver les solutions, parfois en fin de match, mais en tout cas on ne lâchait rien. En Liga, ça a souvent tourné en notre défaveur. On a perdu beaucoup de matchs ou fait match nul de manière cruelle et complètement injuste, alors que par exemple, la précédente Liga qu’on a remportée, ça tournait souvent en notre faveur. Ce sont des petites choses, de petits détails, mais au final on n’a pas réussi à faire en sorte que ça bascule de notre côté en Liga, alors qu’en Ligue des Champions oui. Après, il n’y a pas vraiment d’explication sinon ce serait trop simple, on gagnerait tout si on avait les réponses à tout. (rires)

Sur le plan personnel, es-tu satisfait de ta saison ?

Oui, moi je suis satisfait. C’est une bonne saison pour moi, une saison pleine. Toutes compétitions confondues, je suis quasiment à cinquante matchs. J’ai été régulier, même si l’équipe a eu des hauts et des bas, j’ai essayé d’être constant. Je suis satisfait, après, ce qu’il m’a manqué cette saison, c’est un petit but…

Tu es un défenseur complet, bon à la relance, dans les duels, le jeu aérien, etc. Mais s’il y avait un aspect que tu souhaiterais encore améliorer, ce serait lequel ?

Marquer, marquer plus de buts justement. Mais j’essaye de m’améliorer chaque année pour être encore plus complet et ne pas me reposer sur mes acquis. Je pense que je peux encore progresser dans chaque aspect du jeu. On peut toujours progresser, donc je vais continuer à travailler. Je travaille régulièrement mon jeu long par exemple, que j’ai plus utilisé cette saison.

L’une des révolutions à Madrid a été l’arrivée de Pintus. Qu’a-t-il changé à votre quotidien ?

Il nous a fait mal ! (rires) Il nous a fait plus souffrir. On a des joueurs qui sont habitués à s’entraîner avec le ballon et lui a ajouté cette petite touche physique ces dernières années. Et ça a été payant. Après il y a eu tellement de matchs dans la saison qu’il n’a pas pu nous faire faire des séances chaque semaine, mais c’est vrai qu’en début de saison il a fait un gros travail et il a aussi aidé lorsqu’on n’avait qu’un match par semaine, ou avec ceux qui revenaient de blessure. Ce sont ces petits détails qui font qu’on est arrivés en fin de saison sans blessés et prêts pour la finale en Ligue des Champions.

Depuis que je suis à Madrid j’ai franchi les étapes une à une sans me précipiter, même si parfois les gens sont un peu pressés avec les jeunes joueurs.

En janvier dernier, tu as porté le brassard de capitaine du Real Madrid, quelles sensations cela procure ?

C’est une immense fierté déjà. Ça fait énormément plaisir. Ce n’est pas évident d’avoir le brassard, surtout à Madrid. Je l’ai déjà eu en EDF à 21 ans, je suis très heureux, très fier. Pour l’avoir à Madrid il faut des années de travail, ça fait 7 ans que j’y suis et c’est un peu la récompense de tout le travail qui est fait. Ça m’a fait plaisir à moi et aussi à mes proches, j’étais très content.

Tu es le 5e capitaine à Madrid, et devant toi il n’y a que des trentenaires (ndlr : Ramos, Marcelo, Cristiano, Benzema). As-tu déjà réalisé que tu pourrais devenir le capitaine du Real dans les années à venir ?

C’est vrai que j’y ai déjà pensé. On m’y fait penser aussi. C’est possible, l’avenir nous le dira. Depuis que je suis à Madrid j’ai franchi les étapes une à une sans me précipiter, même si parfois les gens sont un peu pressés avec les jeunes joueurs. On verra si je franchirai cette étape-là aussi ou pas. Mais c’est vrai que j’y pense de temps en temps, ça arrive qu’on m’en parle. Mais je ne me précipite pas, je ne me prends pas la tête, on verra. Si ça doit venir, ça viendra.

Peut-être qu’on avait besoin de changement, on verra par la suite si Zidane avait raison.

La semaine dernière Zidane a annoncé qu’il partait. Quand et comment as-tu appris la nouvelle ?

On a été prévenus juste avant sa conférence de presse par un message envoyé à chacun des joueurs. Forcément on a été un peu surpris. C’était un moment un peu triste. Un peu de surprise, d’étonnement aussi. Mais s’il a pris cette décision c’est en pesant le pour et le contre. En tout cas, ce qu’il a fait est juste extraordinaire.

En conférence de presse, Zidane a affirmé que le vestiaire avait besoin d’un nouvel élan, d’un nouveau discours. Est-ce qu’en tant que joueur, tu ressentais cela aussi ?

Dans le foot, on peut parfois avoir du mal à l’accepter, mais c’est vrai qu’un peu de changement peut aussi faire du bien à tout le monde, même si on n’en ressentait pas forcément le besoin. On verra par la suite s’il avait raison. Notre saison en Liga est peut- être un signe qu’il a raison. Peut-être qu’on a besoin de ça, on va le voir par la suite. S’il le dit, c’est sûrement parce qu’il a vu des choses et qu’il a ressenti des choses. C’est un coach très sensible à l’attitude des joueurs et à ce qu’on peut ressentir. Donc s’il a dit ça, ce n’est pas pour rien, je pense qu’il y a une part de vérité.

Tu nous expliquais tout à l’heure que tu prenais plus d’initiatives à la relance. C’est une consigne de Zidane ou une initiative personnelle ?

Un peu des deux. Zizou attend des joueurs qu’ils soient instinctifs, qu’ils jouent sur leurs qualités. Mais c’est aussi une consigne de sa part car il aime bien les relances propres, et la technique sur laquelle il nous fait beaucoup travailler. Quand il était adjoint ou lors de sa première saison, on a travaillé le jeu long, la relance. C’est un mélange des deux. Moi aussi j’aime prendre des initiatives et utiliser mes qualités de relance.

Interview Raphaël Varane (partie 2)
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