[Fact-checking] Le Real Madrid doit-il vraiment craindre le fair-play financier ?

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Comme attendu, le Real Madrid a attaqué fort ce mercato estival avec pas moins de 5 signatures au 12 juin 2019, alors que le mercato n’ouvre officiellement que le 1er juillet en Espagne.

Zinédine Zidane est revenu avec des garanties en matière de recrutement, et les dirigeants du Real Madrid sont bien décidés à apporter entière satisfaction à l’entraîneur madrilène. Le Français est revenu dès la fin de saison dernière pour travailler sur le mercato et démarrer pied au plancher la saison prochaine, lui qui veut reconquérir la Liga et être compétitif sur tous les tableaux à nouveau.

Avec les arrivées de Rodrygo Goes (45M€), Eder Militao (50M€), Luka Jovic (60M€), Eden Hazard (100M€) et Ferland Mendy (48M€), le Real Madrid a vraisemblablement effectué la majeure partie de son marché, du moins dans le sens des arrivées. Au total, ce sont un peu plus de 300 millions d’euros de dépenses effectuées, alors qu’au moins un milieu de terrain d’envergure est encore attendu : Paul Pogba ou Tanguy Ndombélé. Une dernière opération qui s’élèverait à plus de 130 millions d’euros pour le premier, alors que 80 millions d’euros devraient suffire à convaincre l’Olympique Lyonnais pour le second. Au final, l’entité madrilène dépensera environ 400M€, comme attendu et annoncé.

Et le fair-play financier dans tout ça ?

La Casa Blanca peut-elle vraiment être menacée, voire sanctionnée par l’UEFA et son fameux fair-play financier ? La réponse est négative, évidemment, comme expliqué par Maître Thierry Granturco, avocat spécialiste du droit du sport à Eurosport, il y a plusieurs semaines : « Vu les comptes que le Real affiche, les Madrilènes ont une capacité importante. Ils gagnent plus d’argent qu’ils n’en dépensent et ils font des bénéfices. Alors oui, ils ont une vraie capacité d’investissement. »

Mais en mars 2018, l’UEFA a instauré une nouvelle règle qui change, en théorie, la donne : la balance des transferts ne doit pas excéder les 100 millions d’euros de dépenses. En clair, les clubs peuvent dépenser 200 millions d’euros, à condition d’encaisser pour 100 millions d’euros en ventes dans le même temps. Et ainsi de suite…

Et là-encore, l’excellente santé financière du club merengue le rend presque intouchable. La suprématie du Real Madrid n’est pas que sportive, elle est également financière, comme en témoigne l’étude 2019 de France Football.

De surcroît, l’opération dégraissage s’annonce fructueuse du côté de Madrid. Entre James Rodriguez, Gareth Bale, Mateo Kovacic, Marcos Llorente, Ceballos et consorts, les dirigeants madrilènes espèrent récupérer entre 200 et 300 millions d’euros d’ici la fin de l’été. De quoi rééquilibrer la balance des transferts, et ainsi respecter au mieux le fair-play financier instauré par l’UEFA.

Surtout, l’UEFA n’interdit pas catégoriquement aux clubs de dépenser plus que ce qu’ils encaissent. En effet, en cas de dépassement de solde (100M€), le gendarme du football mènera simplement sa petite enquête et exigera ensuite des garanties financières.

En outre, le Real Madrid et ses revenus records peuvent voir venir sereinement l’instance européenne du football. « Si le Real dépassait le seuil des 100 millions, les Madrilènes ne s’endetteraient pas pour autant. S’ils dépassent le seuil, l’UEFA va se pencher sur le dossier. Mais comme le Real est largement bénéficiaire…« , précisait Maître Thierry Granturco à EurosportAlors non, personne n’empêchera le Real Madrid de dépenser son argent cet été.