Lopetegui, ou la chronique d’un homme condamné à échouer

Lopetegui
AFP – Photo Urbanandsport

Quelques mois sur le banc, et puis s’en va. Voilà comment résumer l’ère Lopetegui au Real, dont la destitution n’est plus qu’une question d’heures…

L’après Zidane, un cadeau empoisonné

Il en fallait, du courage, pour accepter de reprendre le flambeau d’un homme venant de remporter trois Champions League d’affilée. Zidane lui même le sentait, ‘l’après’ serait difficile, voire impossible à gérer. Lopetegui, lui, a accepté de relever le challenge, allant même jusqu’à se faire virer par la fédération espagnole en début de Mondial pour ça. Après coup, on sait désormais que cela n’en valait pas le coup.

Déjà la saison dernière, les prémices du désastre étaient apparus. Distancés en Liga après seulement deux mois de compétition, puis honteusement éliminés en Copa del Rey en janvier, les Madrilènes n’avaient plus que la Champions League. Une treizième C1 remportée au bout du bout, comme un petit miracle, qui aura eu le don d’estomper quelque peu les symptômes d’une équipe déjà malade…

Le départ du crack

Perdre son joueur le plus décisif n’est facile pour aucun club. Quand ce joueur s’appelle Cristiano Ronaldo, ça l’est encore moins. Les joueurs restés ont pourtant réussi à faire illusion offensivement en début de saison, avant de finalement s’écrouler. Impossible de savoir si le Portugais aurait changé quoi que ce soit à la situation actuelle, mais statistiquement parlant, c’est indéniable, le Real ne commençait plus ses matchs avec un but d’avance au compteur, ni avec un joueur qui attirait tant les défenseurs adverses, créant ainsi énormément d’espaces.

Si encore les Bale, Asensio, Benzema et cie avaient eu le rendement espéré, l’absence du quintuple Ballon d’Or aurait moins fait parler. Force est de constater que ces derniers n’en sont pas capables. L’absence d’un serial-buteur est inacceptable pour un club du standing du Real, et ce n’est pas le collectif qui est en mesure de masquer ça, contrairement à ce qu’avançait Lopetegui en septembre, le premier à tant souhaiter y croire…

Un non-mercato

Mettez un pilote de Formule 1 au volant d’une voiture qui a tout gagné, enlevez lui la direction assistée, et refusez de lui mettre des pneus neufs. Il ne fera pas trois tours. C’est un peu ce qui s’est passé avec Julen. Que le Real perde CR7 n’était pas forcément une erreur en soi, ne pas chercher à recruter pour compenser son départ, en est une grave.

Florentino Perez a certainement songé que l’effectif en place suffirait pour être compétitif en Liga, la compétition ciblée par le club après tant de succès en Europe. Force est de constater qu’il s’est trompé. Un renouvellement inexistant de l’effectif, qui de plus remonte aux deux derniers mercatos estivaux, ne pouvait que déboucher sur une catastrophe. Et cela, Lopetegui n’en était pas maître.

Des joueurs rassasiés

Que dire de l’implication des joueurs en ce début de saison… On pouvait comprendre qu’un après Coupe du Monde soit compliqué pour certains cadres comme Modric, Varane ou Ramos, mais nous sommes bientôt en novembre désormais… Toute l’équipe, sans exception, fait preuve d’un inadmissible manque de motivation et d’envie cette saison. Rassasiés après tant de titres glanés avec Zidane ? Bien possible. De là à perdre autant de matchs contre des équipes pourtant à leur portée est tout de même déroutant. Casemiro ne s’est d’ailleurs pas privé de le souligner au sortir du Clasico. Et pourtant, ce sont bien eux les joueurs, qui ont poussé pour faire venir Lopetegui…

Le pari de Julen, réussir à Madrid, le club qu’il aime tant, était risqué au possible. Tant de facteurs ne pouvaient qu’entraîner sa chute, quelle que soit la bonne volonté dont il aura fait preuve. L’Espagnol a lancé une pièce en l’air, en espérant qu’elle retombe sur la tranche. Voilà la triste réalité d’un homme condamné à échouer.

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