La conférence de presse tenue par José Mourinho après le match Benfica-Real a déclenché une véritable onde de choc. En Angleterre, ses propos passent très mal.
Les déclarations du Portugais sur la façon de célébrer de Vinicius, le fait qu’il balaye si facilement l'attaque raciste possible de Prestianni et son rappel absurde qu'Eusebio a joué pour Benfica, sont autant d’éléments qui n’ont pas été bien accueillis en Angleterre. Ce qui choque le plus, c’est le contraste entre la gravité de l’incident et la direction prise par les propos du Portugais.
Au lieu de se concentrer sur la gravité de l’incident, l’entraîneur portugais a préféré insister sur la célébration du Brésilien. "Je lui ai dit : Tu as marqué un but extraordinaire, pourquoi tu célèbres comme ça ? Pourquoi tu ne célèbres pas comme Di Stéfano, Pelé, Eusébio… ? Pourquoi tu célèbres comme ça ? C’est la seule chose que je ne comprends pas", a-t-il expliqué en conférence de presse. Il a ensuite ajouté : "Ce club est tout sauf raciste. Ils m’ont dit des choses différentes, mais je ne crois ni l’un ni l’autre. Je veux être indépendant."
Mourinho déclenche une tempête
Pour beaucoup d’observateurs, ce n’était pas le moment de déplacer le débat. Sur la télévision britannique, Theo Walcott a regretté cette prise de parole, estimant que "c’est peut-être la seule fois où nous n’aurions rien dû entendre de sa part, la seule soirée où il n’aurait pas dû s’exprimer devant les caméras."
Clarence Seedorf a lui aussi dénoncé un message dangereux : "On dirait qu’il sous-entend que si Vinicius vous provoque, vous pouvez avoir des propos racistes envers lui, et c’est une grave erreur. On ne devrait jamais justifier les insultes racistes."
La presse anglaise a été encore plus tranchante. Dans une tribune intitulée "Mourinho a touché le fond", The Times écrit : "Mourinho a toujours été un personnage peu élégant, dont le talent a toujours été éclipsé par son ego démesuré. Mais cette tentative de justifier le racisme et de blâmer la victime marque un nouveau cap. J’espère qu’il sera condamné unanimement par tous les acteurs du football et sanctionné comme il se doit. On ne saura probablement jamais si Prestianni a proféré des insultes racistes à l’encontre de Vinicius, mais on saura toujours que Mourinho l’a excusé et justifié."
Même ton du côté de The Athletic, qui lui consacre aussi un édito très sévère : "Mourinho a commis des actes répréhensibles au cours de sa carrière, mais celui-ci est peut-être le pire de tous", écrit le journaliste, à propos notamment son raisonnement autour d’Eusébio pour défendre l’image de Benfica.








