Coentrão : “À Madrid, j’étais le vilain petit canard de la presse”

coentraoFabio Coentrão, qui a quitté le Real Madrid cet été pour Monaco, a livré une passionnante interview au quotidien Marca. Le défenseur y évoque un possible retour à Madrid, son traitement par les médias espagnols qu’il juge injuste, ainsi que sa nouvelle vie personnelle et sportive dans la principauté monégasque

On retrouve le meilleur Coentrão à Monaco. Vous amenez le danger et mettez même des buts. Comment avez-vous vécu le changement d’équipe ?

« C’est une nouvelle étape dans ma carrière et j’espère être heureux ici. C’est un immense plaisir que de jouer pour le maillot de Monaco. »

Quelle amélioration sportive vous apporte Monaco? Vous sentez-vous indiscutable aux yeux de Leonardo Jardim ?

« Il n’y a pas d’indiscutables. Je suis juste un joueur de plus dans l'esprit de l'équipe qui aide à atteindre des objectifs. »

Vous portez le numéro 4 ici. Celui de Sergio Ramos au Real Madrid. Vous sentez-vous maintenant, comme lui, l’un des leaders du vestiaire ?

« Ce n’est pas une question d’être un leader ou pas. L’unique leader est l'entraîneur, et l’équipe fait ce qu'elle a à faire pour obtenir des résultats. »

Et la ville ? Comment est-ce de vivre dans un bel endroit comme Monaco?

« C’est différent des autres villes que je connais. C’est très mignon et l'adaptation est très facile aussi. Jusqu'ici tout va bien. Je n’ai pas à me plaindre. »

Vous sentez-vous Madridista ?

« Oui, je ne peux pas le nier. Ce furent, sans aucun doute, 4 années qui m’ont beaucoup marqué. Tout ce que nous avons vécu, les titres que j’ai aidé conquérir, font que je me sens très fier. Oui, le Real Madrid m’a beaucoup marqué. »

Suivez-vous leurs matchs ? Comment voyez-vous l'équipe avec Benitez ?

« Bien sûr que je les suis ! C’est naturel de le faire pour tout ce que le Real Madrid signifie pour moi, et parce que je garde une relation contractuelle avec le club. Tant que nous ne nous croisons pas en compétition, bien sûr, je souhaite toujours qu’ils gagnent. »

Est-ce que vous sentez que vous aurez une seconde chance à Bernabéu la saison prochaine ? Etes-vous confiant pour un retour ou était-ce un adieu définitif ?

« On va penser à une chose à la fois. Par ordre. Pour le moment, je suis concentré sur ma saison avec Monaco et en fin de saison on verra ce qui se passe. L'avenir appartient à Dieu. Mon seul but est de retrouver la confiance nécessaire et prouver à tout le monde que je suis bien vivant et j’ai encore beaucoup à donner. »

Qu’est-il arrivé selon vous ? J’ai personnellement le sentiment qu’avec le Portugal on voit un excellent Coentrao, plus confiant et qui pèse plus sur l'équipe qu’au Real Madrid. Manquiez-vous de confiance ?

« Peut-être un peu, mais n'oublions pas que la concurrence était aussi très forte. Je jouais beaucoup, mais je pense que j’aurais pu jouer plus. J’apportais beaucoup à l'équipe. Aussi, je dois dire que, à certains moments de la saison je n’ai pas eu de chance avec les blessures. J’étais toujours interrompu dans mon rythme. Je sais que j’ai joué des matchs importants et décisifs, mais j’aurais pu donner encore plus. »

Pensez-vous que la presse était injuste avec vous à Madrid ?

« Pour parler honnêtement ? Oui, je pense qu'elle l’était. Je sentais qu'il y n’y avait pas la moindre condescendance avec moi. Si je jouais un bon match, on ne le valorisait pas. Et quand j’en faisais un moins bon, j’étais immédiatement attaqué. À ce jour, je me demande pourquoi j’étais, pour l’appeler ainsi, le vilain petit canard de la presse... Mais je me suis habitué à ça. »

Quelle est la plus grande pression quand vous jouez pour le Real Madrid ? C’est inférieur à Monaco, qui est une équipe plus petite ?

« Il y a toujours de la pression, mais la pression de gagner. Il en est de même dans tous les clubs, bien que pour certains cela se ressente un peu avec les supporters et leur exigence. »

En voyant le Real aujourd’hui, beaucoup pensent que vous auriez eu votre place, que Marcelo seul n’est pas suffisant pour assurer le côté gauche. Pensez-vous que vous auriez beaucoup joué si vous étiez resté ?

« À ce jour, cette question n'a pas d'importance et il est totalement impossible de dire ce qui se serait passé. Mon choix était de venir à Monaco pour jouer plus, précisément ce qu'il me fallait à ce moment, et c’est ici que je veux jouer et remporter des victoires. »

Votre compère Cristiano vous manque-t-il ?

« Bien sûr que oui. Ca a été une personne spéciale pour moi ces quatre années, avec qui j’ai construit une solide amitié. Mais le choix au final fut de partir. »

Il continue à marquer des buts, mais un peu moins actuellement. Vous qui le connaissez, que pensez-vous de cela ?

« Cristiano est impressionnant. C’est le meilleur joueur du monde, sans aucun doute. Pour lui, rien est impossible, c’est pour ça qu’il bat tous les records les uns après les autres. C’est un cas unique. »

La semaine dernière, Cristiano est entré dans l'histoire en devenant le meilleur buteur du Real Madrid. Vous l’avez félicité ?

« Bien sûr que je l'ai félicité. J’étais très heureux en tant qu’ami et j’ai aussi ressenti une profonde fierté, comme tous les Portugais, car Cristiano a écrit l'histoire dans le meilleur et le plus grand club du monde. »

Êtes-vous toujours en contact avec vos anciens coéquipiers ? Vous êtes dans leur groupe WhatsApp ?

« Je suis chanceux car j’ai laissé un grand groupe d'amis à Madrid, même si je reste un peu plus en contact avec les Portugais, ce qui est normal. »

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